LK MIRACLE
croix au bout de laquelle pendaient, d*un c6té, des tenailles, de Tautre, un marteau, figurait sur ces autels; aux pieds de la Vierge étaient représentés un petit berger el une petite bergère agenouillés. C'était rimage de la Vierge Marie qm avait prétendument apparu, le 49 septembre 1846, sur la montagne du village delà Salette, diocèse de Grenoble (France) , à deux bergers des Alpes, nommés Maximin et Mélanie, et leur avait tenu un langage étrange.
Le culte de la Vierge miraculeuse de la Salette lit des progrès rapides en Belgi iue. Accueilli d'abord avec une extrême défiance par le clergé des paroisses, révénement merveilleux du 19 septembre obtint du crédit auprès de la plupart des évèques et dans les huit cents couvents dont le pays était déjà enrichi à cet'e époque. Une brochure, revêtue de Papprobalion épiscopale (1), publiée en 1854, sous le titre dllistoire de Vapparition miraculeuse de Notre-Dame de la Salette, etc. (2), retrace, avec un enthousiasme ardent, les &its principaux qui caractérisent la propagande active, incessante, à laquelle se livrèrent les prélats et les communautés religieuses , ainsi que les effets de cette propagande sur Tesuril des populations. Voici cet exposé :
« Nous ne dirons pas Textension qu'a prise cette nouvelle dévotion en France et dans les pays étran-
(I) CeiiA broebore porte A sa première page:
<« Nous approuvons le petit opuseuh; indinlé m^tnirty etc. : el comme nous »• le jugeons irè'4-propre à inspirer une prandr confiance dans la bte-N ierge, M nous en recommandons la lecture aux flUclcs.
M Liëge, fr juillet 4851.
• H. Nitiv, We«*«-»*irfr»«, »
(t) Histoire fie Notre-Deme de la Salettr, comprenant I hisiorlque de r \pparllîon de la Salnte-Vlcrgc sur les montagnes des Alp'^s, <lcs détails Intéressants sur leearactrre cl U- secret cle<5 deux bergers cl l'extension do colle de Notre-Dame dt: la Sale lté eu Belgique. — Hervé, imp. de L.-J. Bayaatl'aris, libraire éditeur (1H51).
m LA SALETTË.
gers. Nous nous bornerons à la moaU er répandant ses i'ruits de. grâce et de sainteté dans noti o clière patrie, toujours si dévouée au culte de la Mère de Dieu.
La dévotion à Notre-Dame Réconciliatrice de la
Salette s'est répandue promptement en Belgique, où elle a été roccasion d'un grand noiiibi'O de solennités religieuses qui restei'ont comme autant dï'i)oques mémorables dans riiistoire de la piété de nos compatriotes envers la Mère de Dieu. G*est à Bruges, dans l'église des Pauvres Glaires, qu^a été célébrée, le S3 mai 1855 , la première neuvaine solennelle à Noti'O-Dame de la Salette , aux pieds d'un autel érigé en sou houneur. Le 24 juin de la niènie année , Mgr révèque de Bruges a autorisé une neuvaine semblable dans l'église des Pauvres Claires d'Ypres, avec exposition d'une image représentant la mystérieuse apparition^ Pour rendre cette image aussi fidèle que possible, on avait placé devant une peinture figurant la montagne même de la Salette, une stalur de la Vierge, dans le costume conforme aux récits des deux bergers, qui se trouvaient aussi placés à ses côtés connue à l'heure oii elle leur apparut. Le diocèse de Gand a vu commencer la confrérie de Notre-Dame BéœncUiatrice de la Salette, C'est à Termonde, dans l'église des religieuses de sainte Thérèse, que cette confrérie a été érigée pour la première fois dans une neuvaine , dont Mgr le Nonce apostolique a voulu célébrer lui-même la clôture, et qui a porté des fruits aussi nombreux que durables.
« A St-Nicolas , pareille fète a été célébrée en pré- , sence de Mgr Tévèque de Gand, le 9 mars 1853, dans réglise des Pauvres Claires, et t)i'ès de 10,000 personnes se sont fait inscrire dans la conirérie , afin de se mettre spécialement sous la protection de Notre- Dame liéparalrice. A Gand, c'est dans l'église des Clarisses, le jour de Pâques de cette même année , que
Mgr de Gand a installé la confi^érie par une neuvaine. On a obtenu en peu de temps 7,000 inscriptions. Mgr révèque de Gand a fait traduire en flamand les
deux principales pièces publiées par Mgr de Grenoble, et il a voulu agréç^er à la coulrérie de la Salette les conlréries qui s'établix^ontdans le diocèse. A St-Nicolas commeà Gand, ce sont les Récollets qui sont les zélés propagateurs de cette dévotion, et Ton aura déjà remarqué que c^est presque partout chez les Pauvres Claires Collettines qu'elle s'établit. C'est encore ce qui a eu lieu Ix Courtrai. N'oublions pas de remarquer, pour ne rien omettre, que la Vierge de la Salette a trouvé dans beaucoup d'autres villes de la Belgique des enfants pieux et confiants. Bruxelles, Ostende, Liège, Verviers, St-Trond, Tongres, Mons et Louvain en comptent déjà uq grand nombre. Dans Tancienne capitale du Di abaut, cYst dans la chapelle des Pauvres Claires qu'ils se réunissent. Un autel spécial y est érigé, orné d'un superbe groupe représentaiu la Vierge miraculeuse et les deux bergers. Le costume de la Vierge, tel que Mélanie Ta fait connaître et tel qu'il a été reproduit sur une image coloriée (publiée à Nantes, chez Charpentier), se rapproche beaucoup, comme Ta observé un jeune artiste de Paris, de certains costumes de femmes au moyen-âge, sauf quelques accessoires, comme les guirlandes de roses et les instruments de la Passion attachés à la croix.
« Cette année, les Pères RéooUets de SaintrTrond, ayant obtenu de Mgr l'évêque de Liège Vautorisation d'ériger dans leur église la confrérie de Notre-Dame Réconciliatrice de la Salette, ont commencé luw neuvaine, pendant laquelle on prêchait trois fois par jour. L'ouverture de cette neuvaine a eu lieu le 1*"^ février, à S heures du soir. Au centre de la nef s'élevait, soùs un dais cramoisi richement orné, un très-beau groupe,
DE LA SALETTË
représenlant l'apparition de la Sainte-Vierge aux deux petits bergers.
(( Pendant toute la neuvaine Taffluence du peuple fat telle, surtout pendant le sermon du soir, que la vaste église, qui peut contenir Jusaa'à 5,000 personnes , ne pouvait renfermer cette mas^e d*hoinmes qui se pressaient vers Tautel de Marie, ou onze confesseurs étaient constamment occupés depuis le matin jusqu'au soir k réconcilier avec Dieu les pénitents qui attluaient • même de plusieurs lieues à la ronde et des villes voisines. Dans les autres églises de la ville, les confessionnaux étaient également assiégés par les nombreux fidèles qui voulaient faire partie de l'association.
« La ferveur du peuple ne diminuant point, on a cru vers la fin de la neuvaine devoir prolonger de quatre jours ce temps de miséricorde. Les PP. Rédemptoristes sont alors venus, sur Finvitation du R. P. Provincial des Récollets, se joindre à ces derniers, pour annoncer à leur tour au peuple la parole de Dieu, sa miséricorde, la bonté et la puissance de Marie. Le succès a dépassé toute attente. Les fidèles venaient môme des provinces voisines comme en pèlerinage pour vénérer Notre-Dame de la Salette et se faire inscrire dans la nouvelle confrérie. Le dernier jour de la solennité, on comptait jusqu*à i8,000 inscriptions.
)) Le lundi 6 mars , Mgr l'évèque de Liège, se trouvant h son petit séminaire de St-Trond , s'est rendu solennellement à l'église des Récollets, et pendant la messe célébrée pa,r le R. P. Gardien, Sa Grandeur a adressé à la foule réunie un sermon qui a mis en quelque sorte le sceau à tout ce que les bons religieux avaient prêché pendant les quinze jours de gr&ce du mois de février.
« Les R. P. Récollets vont avoir dans leur église un
bel autel dont la pierre sera taillée d*iin {iragment du rocher de la Salette. La dévotion ne discontinue point
parmi le peuple ; on a chaque jour îi enregistrer de nouvelles faveurs , surtout des conversions obtenues par rintercession de Notre-Dame de la Salette ; tous • les jours il vient de nouveaux membres de la cou- . frérie , des demandes de neuvaines, de Bruxelles , Louvain, Gand, Liège, etc.
« A Liège, la confrérie de Notre-Dame Réconciliatrice a été érigée dans l'église de S' '-Croix; à ïongres, dans l'église de Notre-Dame, et à Mons, dans l'église des RR. PP. Rédemptoristes; comme à Gand et à St-Trond, elle y a été inaugurée par une neuvaine solennelle qui a porté les fruits les plus salutaires.
« Verviers, ville si éminemment religieuse et si dévouée au culte delà Mère de Dieu, Verviers aussi a embrassé avec amour et avec joie la dévotion ii Notre- Dame delà Salette. L'arehiconfrérie y a été inaugurée le premier dimanche du mois de Marie. Au sermon d*ouvertttre, prêché par le R. P. Lefebvre, Rédemptoriste, et généralement à tous les offices de la neuvaine« Tailluence des fidèles était telle que la vaste église de St-Remacle, qui contient six niille personnes, était insuffisante pour contenir les flots de peuple qui se pressaient vers Tautel de Marie. Gomme k St-ïrond, il fallut prolonger de plusieurs jours ce temps de miséricorde et de grâce, pour satisfaire à la piété et à la ferveur toujours croissantes des fidèles. La clôture ftit fixée au 1 i. Ce jour, à la première messe, M. le doyen et le R. P. Lefebvre distribuèrent la sainte communion, pendant près d*une heure et demie, à plus dv, quatorze cents personnes. Il était beau, il était touchant de voir cette multitude immense de personnes de tout rang, de tout sexe, de toute condition, 6*avaacer à la table sainte dans Tordre le plus parfait, dans le
recueillement le plus profond et avec la plus édifiante piété. Aussi ce jour laissera-l-il un souvenir prolond et inetlaçable dans le cœur de tous ceux qui ont eu le bonheur de participer aux fruits de cette solennité ou d'en être les témoins. Cependant la ferveur du peuple ne finit point avec la solennité de Tinauguration de Notre-Dame de la Salette. Les confessions et les coniiiuuiions ont continué tout le reste du mois de ^larie, dans toutes les églises de la ville. Tout le inonde voulait faire partie de Tassociation de Noti e Dame Récouciliatrice ; les inscriptions se sont portées à environ id^ÛOO. On venait de toute part à Notre-Dame de fa .Salette comme à un pèlerinage vénéré ; et Ton a vu des étrangers, fatigués d'une longue route , attendre plusieurs heures à la porte de l'église, jusqu'à ce que l'heure des oftlcos la fît ouvrir.
« Comme k Strïrond encore» l'infatigable et zélé prélat qui gouverne le diocèse, a mis en quelque sorte . le sceau à cette belle solennité, en adressant, le dernier jour du mois de Marie, un éloquent discours au peuple de Verviers, et en conférant le Sacrement de contirniatioii ;i une grande portion de la jeunesse verviétoise, qui s'y était dignement préparée pendant ce temps de miséricorde et de grâce.
« La dévotion k Notre-Dame de la Salette est aujourd'hui générale dans notre chère patrie. Dans tous les coins de la catholi(iue Belgi(pie s'élèvent des sanctuaires à Notre-Dame Réconciliatrice: partout l'antique piété des Belges pour la Reine du Ciel se manifeste pîu* des neuvaines, par des solennités, qui, nous l'es- .pérons, apaiseront la colère de Dieu, en nous rendant propice la nuséricordiouse Marie. Aussi, que de conversions, que de grâces même temporelles, que de guérisons miraculeuses ont été signalées dans tous les erxdroits où s'est élaijiic rarcliiconfréric de Notre-