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Le Miracle de saint Nicolas

LE jardin délaissé des antiques Légendes Est comme un cimetière, à la fin du Printemps Les œillets, dans la mousse, ont des tons éclatants Et le rossignol chante au milieu des guirlandes.

Ce ii est plus la cité dolente d'autrefois, L'endroit abandonné, si doux à Came tendre, Où, quand la nuit arrive, on s'imagine entendre La plainte d'un enfant qui se meurt dans les bois.

Parmi les croix, les ifs et les cyprès moroses, L'abeille erre et bourdonne en quête de son miel, Un rayon bleu descend des profondeurs du ciel, Et la maison des morts s'' éveille dans les roses.

Ainsi nos cœurs lassés, nos cœurs endoloris Se reprennent parfois à V ineffable rêve, Et l'arbre désolé regarde encor la sève Monter, comme en Avril, à ses rameaux flétris,

Passé, mélancolique ami du pauvre monde,

O mendiant sublime en ton accoutrement,

D'où vient donc que ta voix nous trouble étrangement,

Qui t'a mis dans les yeux cette pitié profonde}

Ta mission divine est de nous consoler. Comme un petit enfant que sa mère emmaillotte, D'une chanson câline et lente, un peu vieillotte, Tu berces nos douleurs, prêtes à s'envoler.

Qui la fit cependant, ta naïve complainte} Sans doute un humble moine au fond de son couvent, Quelque simple d'esprit, bonhomme et point savant, Qui vécut sans désir et qui mourut sans crainte.

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