ACTE I <;<Ç
C'est la faute du Diable. 11 est si beau parleur !
Je l'écoutai pour mon malheur.
Avec l'ivrognerie et la fainéantise
En peu de temps on voit bien du chemin. Mais toi, femme d'honneur, qui dis les patenôtres, Qui vas tous les huit jours, un chapelet en main, Aux reliques des saints Apôtres, Parle tout franc; n'as-tu pas de remords ?
Pourquoi des remords ?
CAGNARD
Hvpoerite!
Tu le sais bien, c'est pour toi qu'ils sont morts ; C'est pour toi que bout la marmite.
Tu me disais toujours, d'un air de chattemite : « Guillaume, je n'ai rien à mettre sur mon corps Qu'une cotte trouée et cette souquenille. Les malandrins du bois me suivent à l'odeur, Et la petite Pétronille Crie en riant : C'est Margot la Guenille. Es-tu tombé si bas qu'un maraudeur
A ton nez me traite de fille ?
Prends-tu plaisir à me voir insulter ?
f 6 LE MIRACLE DE SAINT NICOLAS
Si tu n'es pas un lâche, il te faut m'apporter, Pour la fête qui vient, quelque chose d'honnête, Une jupe bleu ciel, un corsage marron,
Que sais-je? Un amour de cornette, Une croix d'or à la Jeannette, Souliers verts et vert chaperon. »
Moi digne époux et bonhomme tout rond, Je t'ai prise au mot sans malice.
LA CAGNARDE.
Ah ! renégat, chien, fils de chien!
CAGNARD
Dis tout bonnement : cher complice.
Que crois-tu donc valoir si je suis un vaurien?
Pendre le criminel en profitant du crime,
A ce compte on gagne à tout coup, Mais cela sent un peu la frime.
LA CAGNARDE.
Gueux, tu mens, tu mens...
CAGNARD
Point du tout, Chère épouse.