‹ Le Miracle de saint NicolasChapitre 32 sur 36 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Il regarde fleurir les genêts sur la lande.

Prions tous deux, ma fille, afin qu'il nous entende.

// étend la main sur les enfants.

Mon Dieu, je ne suis rien qu'un homme en cheveux blancs,

Mais j'ai marché de loin sur vos traces divines.

J'ai porté comme vous la couronne d'épines,

Mes bras à vous servir sont devenus tremblants.

Je sais que vous parlez en maître à la tempête ;

Vous tenez dans vos mains la lune et le soleil.

S'il vous plaisait de faire un signe de la tête,

Les morts s'éveilleraient de l'éternel sommeil.

Après un silence.

Combien ils vous aimaient, Notre-Dame la belle !

Un autre silence.

Enfants, levez-vous.

Les enfants se dressent lentement. Ils se frottent les yeux et regardent avec surprise ce qui les entoure.

PREMIER ENFANT

Qui nous appelle ?

DEUXIÈME ENFANT

Cette pauvre maison, ces bois... Où sommes-nous?

On entend le vent souffler.

TROISIÈME ENFANT

Je me souviens, je me souviens. Quelle tempête !

Musique paradisiaque ; harpes et violes d'amour.

PREMIER ENFANT

L'église de l'azur était en grande fête. Comme pour un divin baptême, allègrement, Les cloches de cristal sonnaient au firmament.

Dans la mousse et le thym murmuraient les fontaines. Le rossignol chantait.

TROISIÈME ENFANT

Des voix lointaines Disaient : La douce Aurore est près de se lever.

PREMIER ENFANT

Et, saisis de bonheur, nous vîmes arriver, Belle comme un rayon de lune sur la neige,

Celle qui nous protège Et tient nos cœurs dévots dans sa petite main,

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