ACTE II
Comme il a bonne grâce Et qu'il est indulgent !
« Viens, me dit-il, et passe Par la porte d'argent. »
Et voici la prairie, Les arbres pleins d'oiseaux Dont le chant se marie Au murmure des eaux.
Voici le bois mystique, Où, quand le soir descend, S'éveille le cantique De l'amour innocent,
Et le château des âmes, Le château merveilleux, Avec ses oriflammes De la couleur des cieux.
La lande, rose et verte, Où jouent de blancs ravons, Semble une mer couverte De mille papillons.
Sur l'herbe diaprée, Par les sentiers ombreux, Va la troupe dorée Des martyrs bienheureux.
Aux vierges qui devisent Gaiement, sous l'églantier, Les saints évêques lisent Un beau lai du Psautier.
Et, d'une chansonnette, Les plus vieux des. élus, Dans sa barcelonnette Bercent l'enfant Jésus.
Enfants, c'est bien parlé. Ces divines merveilles. Vous les contemplerez un jour, je vous le dis. La musique céleste emplira vos oreilles, Vous verrez l'arbre d'or qui croît en paradis.