‹ Le Miracle de saint NicolasChapitre 35 sur 36 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Vous sentirez bientôt le souffle de l'aurore, Le bon vent matinal passer dans vos cheveux; Le printemps éternel est sur le point d'éelore, L'ineffable printemps qui comblera nos vœux.

Veillez, en attendant, comme la vierge sage Qui reçoit le Sauveur, une lampe à la main. Ce monde misérable est un lieu de passage, L'illusion d'un jour qui finira demain.

Paissez, mes chers agneaux, l'herbe de la prairie; Sous la pluie et la neige, allez, le cœur content; Votre blanche maîtresse est madame Marie, Jésus, le doux berger qui vous garde en chantant.

Cantique général.

O Dieu qui fis les fleurs, l'eau chaste, la nuit claire, Et l'aube frissonnante et le soir triomphant, Dieu que la terre adore et qui daignes te plaire Aux refrains du vieillard et du petit enfant,

Toi qui fais sous ton porche entrer les hirondelles, Seigneur miraculeux et doux, maître indulgent Qui jettes l'espérance au cœur de tes fidèles Comme une rose pourpre au ruisselet d'argent,

Notre sœur, l'alouette, au lever de l'aurore, Te salue, et son cri plane au-dessus des bois. Quand vient le soir paisible, elle t'appelle encore; Rends-nous simples comme elle et prête-nous sa voix.

Mon Dieu, nous ressemblons à la graine qui vole Dans l'aire ténébreuse où l'on bat le froment : Nous sommes le roseau, nous sommes l'herbe folle Que les bœufs de labour écrasent méchamment.

Garde-nous du serpent à la langue dorée ; Berger compatissant, souviens-toi que jadis Tu guidais au bercail la brebis égarée; Permets que les chanteurs aient place au Paradis.

Et vous dont le Printemps en fleurs dit les louanges, Vous qui nous souriez dans les feux de l'été, Reine de l'univers et maîtresse des Anges, O vierge gracieuse, ô dame de beauté,

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