‹ Le Miracle de St. NicolasChapitre 1 sur 38 · PASSAGE CHOISEUL, 27-3 I M DCCC LXXXVIII · texte numérisé non relu

PASSAGE CHOISEUL, 27-3 I M DCCC LXXXVIII

LU

Miracle de Saint Nicolas

PRÉLUDE

LE jardin délaissé des antiques Légendes Est comme un cimetière y à la fin du Printemps , Les œillets, dans la mousse^ ont des tons éclatants Et le rossignol chante au milieu des guirlandes.

Ce rCest plus la cité dolente d'autrefois, L* endroit abandonné, si doux à Vâme tendre , 0«, quand la nuit arrive, on s'imagine entendre La plainte d'un enfant qui se meurt dans les bois.

Parmi les croix, les ifs et les cyprès morosesy L'abeille erre et bourdonne en quête de son miel ; Un rayon bleu descend des profondeurs du ciel, Et la maison des morts s* éveille dans les roses,

Ainsi nos cœurs lassés, nos cœurs endoloris Se reprennent parfois à Vineffable rêve.

Et F arbre désolé regarde encor la sève Monter, comme en Avril, à ses rameaux flétris .

Passé, mélancolique ami du pauvre monde,

O mendiant sublime en ton accoutrement,

D'où vient donc que ta voix nous trouble étrangement,

Qui t'a mis dans les yeux cette pitié profonde}

Ta mission divine est de nous consoler»

Comme un petit enfant que sa mère emmaillotte, D'une chanson câline et lente, un peu vieillotte^ Tu berces nos douleurs, prêtes à s'envoler.

Qui la fit cependant, ta nàive complainte ?

Sans doute un humble moine au fond de son couvent, Quelque simple d'esprit, bonhomme et point savant, Qui vécut sans désir et qui mourut sans crainte.

PRELUDE

Comme un agneau docile à l* appel du berger ^ Suivant la voie étroite et le devoir austère^ H avait dans le cœur la paix du monastère Et le joug du Sauveur lui semblait très léger.

H ne méprisait rien de V immense nature ; Aux oisillons perdus dans le firmament bleu Il prêchait la douceur et la crainte de Dieu, Il se sentait l^ami de toute créature.

Quand tintait l* Angélus et que le jour baissait , Dans le calme enchanté de t église gothique^ H était pris soudain d'une extase mystique Qui l'enlevait au monde et qui le ravissait,

O quelle joie intime et quelle paix complète A ses douces brebis garde le bon pasteur !

Délivré des liens de l'univers menteur, H planait dans Vazur ainsi qu'une alouette.

Sur un fond d'argent pâle et d'or et de carmin, Il voyait les martyrs et les saints en prière ; La vierge l'appelait du haut d'une verrière, Jésus le caressait de sa petite main.

Et quelque jour, au son d'une cloche argentine, Saluant Notre-Dame et lui disant : Ave, Vers le clair Paradis qu'elle avait tant rêvé. Son âme s* envolait dans Vhymne de Mâtine.

Ah ! la simplicité du bon religieux, Qfand la reverrons-nous, adorable exilée > Comme l* espoir, la foi s'en est bien vite allée, Nous n'osons plus frapper à la porte des deux.

Qu'il était beau pourtant, cet âge t innocence Ou s'éveillaient en nous les songes de FAvent^ Qu'il est triste aujourd'hui sous la neige et le vent. Le sentier défieuri de notre adolescence^

Dans le désert de sable où je suis enfermé, J'entends le bruit léger d'une source lointaine. Et comme au temps divin de la Samaritaine, Mon cœur tressaille encore au pas du Bien-aimé.

Le couchant s'illumine et la terre est en fête. Voici le Rédempteur au milieu des élus.

Voici le maître I — Hélas l II ne me connaît plus, Du mauvais serviteur il détourne la tête.

PRÉLUDE

fai beau m* agenouiller ^ fat beau tendre les bras; Mes visions du soir y je ne puis les étreindre, Et dans la nuit qui vient je regarde s^ éteindre Le royaume i amour où je n'entrerai pas.

Le Miracle de Saint Nicolas

TEUSO'S.'N.^GES

PREMIER ENFANT

DEUXIÈME ENFANT

TROISIÈME ENFANT

CAGNARD

LA CAGNARDE, sa femme.

SAINT NICOLAS

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