PROLOGUE
La nuit, en pleine forêt. — Trois enfants qui allaient accomplir un yau au sanctuaire de Saint'Nicolas ont été surpris par la tempête. La pluie tombe à torrents, le vent hurle, les arbres s* entre-choquen . Pas une lueur au ciel; un éclair seulement de temps à autre. Çà et là des voix confuses, comme des plaintes entrecoupées de malédictions.
PREMIER ENFANT
Toujours le vent, l'horrible vent :
DEUXIÈME ENFANT
Toujours Torage !
TROISIÈME ENFANT
Quand nous sommes partis pour ce pèlerinage,
Quand nous sommes partis à la grâce de Dieu,
Le soleil était rose et le firmament bleu.
On voyait frissonner les saules et les aulnes ;
De blancs ruisseaux couraient au milieu des lys jaunes,
Et les prés s'émaillaient des mille fleurs d'été.
Puis nous entrâmes en plein bois. Que de gaieté !
Comme on sentait l'odeur des fraises sous la mousse,
Que les sources font un doux bruit, quelle voix douce
Ont les oiseaux !
PREMIER ENFANT
Le soir tomba ; c'était charmant.
DEUXIÈME ENFANT
Les nuages de pourpre et d'azur, lentement, Semblaient s'évanouir devant la lune claire.
TROISIÈME ENFANT
Et maintenant, voyez, le ciel est en colère,
Le rossignol craintif a fini de chanter
Et les arbres, tout noirs, ont l'air de nous guetter.
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