‹ Le Miracle de St. NicolasChapitre 2 sur 38 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

La nuit, en pleine forêt. — Trois enfants qui allaient accomplir un yau au sanctuaire de Saint'Nicolas ont été surpris par la tempête. La pluie tombe à torrents, le vent hurle, les arbres s* entre-choquen . Pas une lueur au ciel; un éclair seulement de temps à autre. Çà et là des voix confuses, comme des plaintes entrecoupées de malédictions.

PREMIER ENFANT

Toujours le vent, l'horrible vent :

DEUXIÈME ENFANT

Toujours Torage !

TROISIÈME ENFANT

Quand nous sommes partis pour ce pèlerinage,

Quand nous sommes partis à la grâce de Dieu,

Le soleil était rose et le firmament bleu.

On voyait frissonner les saules et les aulnes ;

De blancs ruisseaux couraient au milieu des lys jaunes,

Et les prés s'émaillaient des mille fleurs d'été.

Puis nous entrâmes en plein bois. Que de gaieté !

Comme on sentait l'odeur des fraises sous la mousse,

Que les sources font un doux bruit, quelle voix douce

Ont les oiseaux !

PREMIER ENFANT

Le soir tomba ; c'était charmant.

DEUXIÈME ENFANT

Les nuages de pourpre et d'azur, lentement, Semblaient s'évanouir devant la lune claire.

TROISIÈME ENFANT

Et maintenant, voyez, le ciel est en colère,

Le rossignol craintif a fini de chanter

Et les arbres, tout noirs, ont l'air de nous guetter.

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