‹ Le Miracle de St. NicolasChapitre 25 sur 38 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LA CAGNARDE

Quel païen !

CACNARD.

Quand j'ai parlé, j'entends qu'on ne réplique rien. Si tu n'es pas contente et si je te dégoûte On ne te retient pas ; voici la grande route. Rien ne vaut, pour s'instruire, un pays étranger, Et tous les gens d'esprit aiment à voyager.

Décampe,

LA. CAGNARDE.

Et des écus ? Où gagner ma pitance?

CAGNARD

où tu voudras ; la chose est de peu d'importance. L'an passé, m'a-t-on dit, l'abbé des moines blancs, Le bon père Onésyme, était de tes galants.

C'est un franc papelard et qui fait bonne chère. Comme il plaît au Seigneur. Un bon conseil, ma chère, Va le trouver. :

LA CAGNARDE.

Ah ! si je te prenais au mot !

CAGNARD

Hareng-saur, fine andouille et poiré plein le pot, Grâce à Dieu, rien ne manque à la table des moines ; Aussi leurs nez fleuris ressemblent aux pivoines, Et de la tête au ventre ils vont dodelinant.

Mais l'abbé, quel abbé ! Cet homme est étonnant. Toujours prêt... en dehors du saint temps de carême. Comme il sait dire à point aux filles : Je vous aime ! Sois-en sûre, à confesse il te recevra bien.

LA CAGNARDE

Lui conterai-je alors?

CAGNARD

Quoi donc ?

LA CAGNARDE.

Tu le sais bien, Et rien que d'y penser te fait blanchir la tête.

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