ACTE II , 8l
11 regarde fleurir les genêts sur la lande.
Prions tous deux, ma fille, afin qu'il nous entende.
// étend la main sur les enfants.
Mon Dieu, je ne suis rien qu'un homme en cheveux blancs,
Mais j'ai marché de loin sur vos traces divines.
J'ai porté comme vous la couronne d'épines.
Mes bras à vous servir sont devenus tremblants.
Je sais que vous parlez en maître à la tempête ;
Vous tenez dans vos mains la lune et le soleil.
S'il vous plaisait de faire un signe de la tête,
Les morts s'éveilleraient de l'éternel sommeil.
Après un silence.
Combien ils vous aimaient, Notre-Dame la belle 1
Un autre silence.
Enfants, levez-vous.
Les enfants se dressent lentement. Ils se frottent les yeux et regardent avec surprise ce qui les entoure.
PREMIER ENFANT
Qui nous appelle ?
DEUXIÈME ENFANT
Cette pauvre maison, ces bois... Où sommes-nous?
On entend le vent souffler,
TROISIÈME ENFANT
Je me souviens, je me souviens. Quelle tempête ! Musique paradisiaque; harpes et violes d* amour.
PREMIER ENFANT
L'église de l'azur était en grande fête.
Comme pour un divin baptême, allègrement.
Les cloches de cristal sonnaient au firmament.
DEUXIÈME ENFANT
Dans la mousse et le thym murmuraient les fontaines. Le rossignol chantait.
TROISIÈME ENFANT
Des voix lointaines Disaient : La douce Aurore est près de se lever.
PREMIER ENFANT
Et, saisis de bonheur, nous vîmes arriver.
Belle comme un rayon de lune sur la neige.
Celle qui nous protège Et tient nos cœurs dévots dans sa petite main,