‹ Le miracle et la critique scientifiqueChapitre 4 sur 13 · H PRÉFACE · texte numérisé non relu

H PRÉFACE

devenue très exigeante, en fait de démonstration, se trouve plutôt mal à Taise en face d'un miracle » (1). Le R. P.

Lagrange disait peu après : « Aujourd'hui moins que jamais la raison n'est pas portée à admettre une intervention continuelle de Dieu par voie exceptionnelle et miraculeuse » (2).

Un an plus tard un pasteur protestant, M. Fulliquet, insistait sur l'existence de cette opposition au miracle dans les masses.

« Cette mentalité populaire scientifique qui existe très réellement, qu'il est puéril d'ignorer ou de négliger, qui durera certainement longtemps a une répugnance instinctive, une répulsion ouverte et marquée pour le miracle. Il suffît qu'une religion se présente, rattachée à certains faits miraculeux, il suffit qu'un livre sacré relate des événements miraculeux, il suffit qu'un homme religieux, sous une forme quelconque, retrouve la Croyance

(1) Revue du Clergé. T. XXIV, p. 575.

(2) La Méthode historique. Paris, 1903, in-12, p. 13.

PRÉFACE m

au miracle, pour qu'il s'élève dans l'esprit de la foule comme un obstacle invincible, une suspiscion indestructible et pour que l'évangélisation en soit absolument paralysée » (1).

Et hier encore un apologiste catholique d'une haute culture, signalait à son tour l'existence de cette difficulté chez les catholiques instruits :

« Aujourd'hui, disait-il, nous croyons plutôt malgré le miracle, quand nous croyons. On dira peut-être que nous avons tort. Quoi qu'il en soit, c'est là un fait ; la pratique de la science nous a menés là et nous en sommes là, même si nous ne sommes point déterministes, car si nous ne le sommes, tout alors est miracle et c'est comme s'il n'y avait pas de miracle : Aucune objurgation ne peut avoir prise sur cet état de choses » (2).

La science condamne-t-elle donc irrévo-

(1) G. Fulliquet. Les Miracles de la Bible, p. 3.

(2) Alb. Leclère (de l'Université de Berne). Esquisse d'une ipologétique dans Annales de Philosophie Chrétienne, 1906. T. II, p. 575.

cablement le miracle, et peut-on prévoir avec Renan (1) le jour où la croyance aux merveilles surnaturelles disparaîtra comme la croyance aux farfadets et aux menants a disparu ?

Tout semble indiquer que l'esprit morne marche dans ce sens. Mais nous ne urrons répondre à cette question qu'à fin de notre quadruple enquête. Pour moment il ne s'agit que de la seconde :

savant peut-il au nom de la science ester le miracle ? ou encore : Peut-on ■■cerner le miracle par l'emploi des ■thodes scientifiques ?

Il suffira, pour répondre clairement, xaminer tour à tour ce qu'il faut tendre par faits scientifiques, par lois entifiques et par classifications scicnques. Le miracle pour être attesté entifiquement devra réaliser en effet

| Il y a longtemps déjà qu'il écrivait : « Une très* ide partie du peuple n'admet plus le surnaturel, et Entrevoit le Jour où les croyances de ce genre disparont dana les foules, de la même manière que la rance aux farfadets et aux revenants a disparu ». Souve- -. d'Enfance. Paris, s. d., in-S, p. XV.

trois conditions : être établi à la façon d'un fait scientifique et à rencontre des autres faits scientifiques échapper soit aux lois, soit aux classifications scientifiques.

Examinons tour à tour ces trois points essentiels.

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