CONCLUSION
Le miracle ne relève pas de la science ; le savant n'acceptera jamais qu'on puisse imposer des bornes à ses recherches, d'où qu'elles viennent.
Est-ce à dire qu'il faille, en conséquence, déclarer le miracle absolument indiscernable ? Je ne le crois pas. Le savant est incapable, en demeurant sur son terrain strict, qui est l'observation et l'expérimentation, de le déclarer indiscernable par d'autres méthodes. La solution du problème est donc purement et simplement morale: seuls, les philosophes et les théologiens ont droit de prétendre à diagnostiquer le miracle ou, ce qui est tout un, la présence de Dieu.
Si nous admettons la Providence divine, nulle raison de lui refuser la Sagesse qui consisterait à n'agir jamais que par les lois qu'elle a constituées de telle sorte qu'elles suffisent à tout. Mais alors au nom de quelle Sagesse refuserons-nous au savant le droit de poursuivre ses enquêtes et de rationaliser le miracle ? En revanche, quel savant, conscient des limites de ses propres méthodes, nous refusera le droit d'interroger le philosophe et le théologien sur les méthodes par lesquelles ils pensent pouvoir dis-
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cerner l'action divine, affirmer le miracle ou la Providence ? L'être plonge dans l'océan dee choses l'homme comme la pierre, la fleur ou l'animal. Mais lp premier, conscient de l'écrasante immensité de nivers, croit voir par instants l'ombre de la Pensée i pénètre les choses et discerner les mouvements tme decette Pensée infinie. A-t-il tort,a-t-il raison? *st au philosophe de répondre ; mais, pour l'amour la logique, que l'on renonce donc, une bonne fois 'ouloir faire attester Dieu par les moyens des sens xquels se réduisent en somme les méthodes unes de la science.
Qui n'a entendu parler de la déesse voilée, dont temple portait à son fronton cette phrase symlique : Nul homme n'a jamais soulevé mon voile, tte antique personnification de la Nature pourt aujourd'hui redire aux savants modernes la Sme parole; bien plue, s'adresBant aux savants ;urs, elle pourrait la développer ainsi: Jamais, lommes mortels, vous ne soulèverez mon voile; us ne connaîtrez jamais que les phénomènes sentes dont vos yeux s'amusent à enregistrer les îx ; mais par delà, je demeurerai à jamais insaisable et mystérieuse. Quant à Dieu, dont vous parlez que pour avoir contemplé l'harmonie et majesté des plis de ma robe sacrée, plus mystéux que moi et plus différent du sensible, il se rit arveilleusement des compas et des graphomètrec ssez à tout jamais de vouloir prendre sa mesure
ô savants I cessez, ô théologiens, de la leur demander. Allez plutôt rejoindre ces simples et ces philosophes qui, loin des laboratoires, en quelque coin de chapelle où ils écoutent battre leur cœur, en quelque oasis de verdure d'où ils contemplent le ciel, ont fini par entendre et voir, non point avec leurs yeux et leurs oreilles de chair, marcher l'ombre de Dieu.