ACTE PREMIER
LOYS
Je ne veux ni de l'or, ni des honneurs nouveaux.
Assurez-moi, durant ma tâche,
un logis de lumière et mon pain chaque jour.
Donnez-moi l'argile et la pierre :
si l'œuvre est digne de la Sainte,
je ne veux, ici bas, que la gloire pour prix.
la foule, en dialogues épars.
La gloire ! — C'est un poète !
— L'or vaut mieux, enfant ! — C'est un fou !
l'évêque, gravement.
C'est un sage :
il méprise les biens terrestreà ; le Ciel l'en récompensera.
LE SYNDIC
Selon tes vœux, Loys, tu vivras solitaire,
dans un asile où rien ne distraira tes yeux,
jusqu'au jour que tu fixeras
pour dévoiler, à tous les regards, ton chef-d'œuvre.
loys, ému, soucieux déjà.
Priez pour moi !... Que Dieu m'assiste ! Je dois — et je ne suis qu'un homme ! — d'un marbre inanimé faire un ange du ciel !
la foule : Voix étonnées.
Que dit-il ? — Il a peur ! — Il doute de lui-même !.
l'évêque, impérieux.
Présage de succès !
(à Loys).
Mon fils, ta foi très humble aux plus fameux t'égalera.
Suis-nous à la maison de ville.
Il sera fait selon tes vœux.
(Le cortège, emmenant maître Loys, déjà fiévreux et absorbé, traverse la place. Les vitraux de l'église s'éclairent. La foule acclame la Sainte, toute irradiée dans la rosace du chevet. Cloches et sonneries de trompettes) .
Gloire à celle qui nous protège !
Honneur à Sainte Agnès, qui nous a délivrés !
Louange à toi, libératrice
de la cité !