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LE PARVIS DE L'ÉGLISE

Le jour est venu qui doit ériger la statue de Sainte-Agnès sur le parvis de son église. Au milieu de la joie populaire qui, dans sa cruauté, n'épargne guère les disgraciés de la nature et les harcèle de sa gaîté rude, parmi les divertissements, les danses et

ARGUMENT vu

les jeux bruyants de la ville en liesse, la pompe des grandes fêtes environne la mystérieuse image, drapée encore devant le porche.

Seul, Loys est admis à faire tomber les voiles qui cachent la statue, afin de la livrer pour toujours à la vénération des fidèles.

Mais une clameur d'épouvante s'élève contre l'imagier dès qu'il a dévoilé son œuvre : elle ose, sur le seuil sacré, dresser la nudité hardie d'une femme et, sous le nom profané de Sainte- Agnès, proposer à la ferveur de la foule sauvée par elle la beauté sacrilège d'Alix-la-Courtisane!

Sous l'anathème de l'évêque et les outrages d'un peuple offensé, Loys courbe le front, terrifié enfin de son inconscience ; mais Alix, éperdue d'orgueil, défie les foudres de l'Église et brave les fureurs de la ville : libératrice de la cité, c'est elle qui mérite ses hommages et ses idolâtries; c'est devant son corps triomphant, vainqueur du Condottiere et de ses bandits, que doit se prosterner la foule!

Gaucher d'Arcourt, que la jalousie et l'indignation arment contre la pierre maudite, se jette sur la statue d'Alix et va la détruire. La courtisane, exaspérée, pour défendre l'image qui divinise sa beauté, frappe et tue le capitaine sur le seuil souillé d'un double crime.

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