‹ Le MiracleChapitre 5 sur 52 · LA CELLULE DE LA CONDAMNÉE · texte numérisé non relu

LA CELLULE DE LA CONDAMNÉE

Dans le couvent des Sœurs de la Mercy, Alix, brisée par les tortures, attend le cortège qui doit l'emmener au bûcher. L'évêque, une dernière fois, l'adjure de sauver son âme, ainsi que la vie de Loys, excommunié pour son crime et voué au plus affreux trépas. La malheureuse, depuis qu'elle a versé le sang, ne défend plus son rêve d'orgueil avec la même énergie : à bout de force, d'ailleurs, elle consent à détruire de ses mains, devant tous, la statue scandaleuse, pour racheter la vie de l'amant perdu par elle.

vin ARGUMENT

Quand Loys pénètre enfin dans sa cellule afin de délivrer Alix, la suppliciée, incapable de le suivre, ne songe qu'à le sauver et tente de le gagnera son extase, qui n'appartient déjà plus à la terre.

L'imagier, insurgé contre le destin d'Alix, frappera les juges et les bourreaux; mais, lorsque la porte s'ouvre, ce sont, blanches et bleues, les religieuses de la Mercy qui s'offrent à sa fureur désarmée.

Et il s'enfuit, résolu à sauver la malheureuse, fût-ce au milieu de la foule hostile, tandis que le cortège de la condamnée l'entraîne lentement vers la mort.

Loys, reconnu dans la foule, va périr sur le seuil de l'église où l'on attend la sacrilège ; mais la clémence de l'évoque et la funeste statue dont nul n'ose approcher le sauvent des haines populaires. D'ailleurs, un spectacle tragique détourne de lui la colère des meurtriers.

Dolente, glacée, devant un peuple féroce, Alix fait amende honorable et marche sur la statue, enveloppée d'un voile de deuil, pour la mettre en pièces. Mais toute sa vie est passée dans la pierre fatale ; celle qui n'a vécu que pour l'amour mourra de sa beauté détruite, de son âme brisée avec son orgueil.

Loys se révolte à son tour contre la ruine de son œuvre. Toute la jeunesse, toute la passion de son cœur vont-elles donc périr avec elle?.. .

Mais il intervient trop tard : Alix a frappé la statue et, comme atteinte du même coup, est tombée mourante sur le sol. Loys alors, invectivant la foule fanatique, égaré de douleur et de dé-

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sespoir, veut revoir, dressée encore en toute sa splendeur, celle dont il immortalisa la beauté : il dévoile de nouveau l'image maudite...

0 miracle! Ce n'est plus la nudité païenne d'Alix qui s'érige sous le porche : c'est, hiératique et chaste, la statue long-voilée de Sainte-Agnès, substituée à l'idole impure par une volonté bien au-dessus des passions humaines et des rêves mêmes du génie. .

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