ACTE PREMIER
La nuit. Une place féodale où débouchent des ruelles.
A droite, le chevet dune église (Sainte-Agnès). Partout épars, les débris, les traces d'un campement de guerre : mangonneaux, catapultes et balistes hors d'usage, tout le vieil arsenal, déjà très vétusté et démodé, d'une cité franche.
A l'entrée de deux rues, des barricades ferment l'accès de la place, devenue une sorte de réduit central, où les armes et les machines devaient, la veille encore, être réparées.
Au fond, un pan de haut rempart, avec des poutres incendiées, — vestiges d'un assaut qui n'a pu franchir la brèche réparée en toute hâte.
A gauche, au premier plan, une opulente demeure à pilastres en colonnettes surchargées de sculptures gothiques; sa terrassa à balustrade et son perron l'isolent de la place qu'elle domine d'une hauteur d'homme.
A droite, dans un pan d'ombre, autour d'un bûcher qui s'éteint, un poste d'arbalétriers est endormi ; chacun des soldats est enveloppé dans son manteau de guerre, les armes sous la main.