SCÈNE PREMIÈRE
Pibrac, le crieur de ville, bancroche et bossu, la clochette au genou, la hallebarde au poing, survient, à droite, et contemple le bivouac. Au fond, une ligne
blafarde, sur le ciel, annonce V aurore. Un gros bourdon, très éloigné, laisse tomber lentement quatre coups datis le silence.
pibrac, d'une voix glapissante.
Quatre heures sonnées !
Le jour se lève.
tirso, chef du poste endormi, se réveille en sursaut. Aux armes !... l'ennemi !
pibrac, narquois, éclatant de rire.
La paix, Tirso ! Rassure-toi !
tirso, avec humeur.
C'est toi, Bancal!
Ah! le diable t'emporte !
Je rêvais qu'on donnait l'assaut.
PIBRAC
Bah ! désormais tu dormiras à l'aise : le Condottiere et ses brigands sont partis sans retour.
tirso, méfiant.
Quelque ruse de guerre !...
PIBRAC
Non; dans les ombres de la nuit,
ils ont passé le fleuve, incendié le pont.
TIRSO
Alors, c'est un miracle :
Sainte-Agnès nous a protégés.
pibrac, incrédule.
Oh! la sainte!...