‹ Le miracle moderneChapitre 113 sur 171 · UN INTERIEUR PITTORESQUE · texte numérisé non relu

UN INTERIEUR PITTORESQUE

Je reste seul, avec le maître de céans, dans le salon où les bustes de Platon, de Beethoven, de Voltaire, de Dante tiennent compagnie au sien. Aux murs, des cors de chasse très compli-^ qués. Un harmonium fait vis-à-vis à un piano. Sur une chaise s*étale, décroché en mon honneur, le glorieux trombone d'argent, offert par les mêmes ladies spiritualistes.

Nous visitons la maison démeublée, avec des lits aux draps rejetés, en des chambres nues, dénuées même de tout papier au mur.

En m'ouvrant son appartement, le zouave m'ouvre son cœur. « C*est pour le samedi, me dit-il. Quand on vient. faire de la musique, on reste coucher, et le lendemain on mange une omelette. » La salle, où dort et travaille le zouave, donne aussi cette impression déla-^ brée, avec ses rangées de livres, qu'il montre d'un geste un peu dédaigneux, <c car à l'exemple du philosophe grec, il porte toute sa science en lui », sa table encombrée, le lit toujours défait, et, à côté, sur une chaise, des brochures, un verre et des morceaux de vieux citron desséchés. Sur la cheminée, adossée à une fenêtre à vitre unique, une bizarre pendule immobilise son ressort mort. Ah ! si elle marchait, quel prodige!

elle indiquerait tout, depuis Theure, le jour, le mois, l'année, jusqu*à la position des planètes, celle du soleil, de la terre et de la lune. Et si les petites roues entraient en mouvement, les disques d'un planisphère mobile nous montreraient en miniature révolution des astres, dans le ciel. Je regarde, au-dessus de la mystérieuse pendule, Paris, là-bas, plus mystérieux encore, avec ses ondes de toits qui s'estompent dans la brume.

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