‹ Le miracle moderneChapitre 136 sur 171 · LA DÉLIVRANCE · texte numérisé non relu

LA DÉLIVRANCE

Derrière le lorgnon qui bouge un peu, les yeux vifs du thaumaturge pétillaient de contentement :

« Vous savez, me dit-il, c'est notre triomphe, ressusciter le sens moral là où il semble aboli. Autrefois Thypnotisme se plaisait à étaler les excès d'une fascination immorale ; avec nous, il est devenu le point de départ d'une réforme individuelle et sociale.

— Je me souviens en effet, répartis-je^ d'une expérience bien étrange, que suggéra Pikmann à un de mes camarades de collège, le plus probe garçon qui fût. Il le fit voler à un étalage. Rien n'est plus dangereux que de telles expériences. Elles peuvent laisser dans un cerveau faible des traces ineffaçables.

— Autrefois on cherchait surtout à étonner,

maintenant on s'efforce de faire quelque bien. Quelle est la cause de tant de fautes et delà plupart des crimes? L'impossibilité d'arrêter à temps une impulsion devenue plus forte que notre raison, une idée funeste, parvenue à nous dominer. Alors justement la conscience est abolie ou do moins très diminuée. Quand elle existe encore^ elle n*est plus qu'un témoin triste qui regarde sans pouvoir intervenir. Eh bien, cet hypnotisme, que Ton accuse d'attentat & la liberté, devient, au contraire, un obstacle à la fatalité d'une funeste habitude, il intervient non pour rendre asservi un être libre, mais pour délivrer d'un esclavage invétéré une volonté affaiblie. »

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