‹ Le miracle moderneChapitre 140 sur 171 · VÉRITÉS ENCORE DANS LA GANGUE · texte numérisé non relu

VÉRITÉS ENCORE DANS LA GANGUE

Les sectateurs de cette petite Église, innombrables en Amérique, en Angleterre et même à Paris, pensent que la négation de la maladie et la pensée de la guérison suffisent pour donner et garder la santé I II y a là, confusément et parmi de monstrueuses erreurs physiologiques, une vérité que l'on aurait tort de perdre de vue : l'organisme, même affaibli, même en danger, n'en dépend pas moins de cette force mystérieuse et profonde, qui en nous est en même temps la racine de la pensée, de la décision, de Tamour, de la foi^ On peut la supposer une émanation, une individualisation de cette énorme et formidable volonté de vivre qui soutient tout l'univers. Le courage, Tactivité et la patience prolongent sûrement la vie. Dans les maladies nerveuses que Ton appe-

* Nous citions plus haut une phrase éloquente et profonde de William Grookes à propos de la « vis medicatrix ».

lait autrefois « imaginaires' », la foi au médecin et le désir de se bien porter suffisent le plus souvent pour guérir. L*espoir n'est pas un vain mot; c'est une nourriture positive. M. Jean Finot écrivit, dans la Philosophie de la Longé' oitéy que l'idée de la mort — on a le tort de l'accepter à partir d'un certain âge — donne une vieillesse plus rapidement caduque et hâte Farrivée des derniers instants. A mon sens, il a vu juste; il a formulé un des principes de la« Thought healing ».

CmMIE MÉTAPSYGHIQUE

Cette réaction du moral sur le physique aurait même des conséquences chimiques qu'il serait possible de constater. . .

Les fantaisies de laboratoire, dues à M. Elmer Gates, professeur de psycho-physique à Tlnstitut national Smithson à Washington, voilà le grand cheval de bataille de nos Don Quichotte de la santé universelle. Il faudrait en déduire que la pensée et les sensations peuvent changer la com^ position chimique du corps,

« Maintes expériences, dit le professeur Elmer Gates, m'ont démontré que la respiration humaine passant dans un tuyau auparavant refroidi

* L'Argan est de Molière un type parfait du neurasthénique.

avec de la glace (ce tuyau doit recueillir le précipité des substances volatiles, contenues dans la respiration), ne laisse aucun résidu si on mélange à ces produits condensés de TEodid Rho-* dopsin. Hais, lorsque Tindividu, avec lequel j'expérimentais, était dans un état d'irritatioa, j'obtenais un précipité tirant sur le brun. Ce mélange, absorbé par des personnes et des animaux, réagit comme un stimulant et produit en eux une certaine agitation. Une grande douleur, la perte d'un enfant par exemple, donna un précipité gris, le remords produisit un dépôt rosé. Les sentiments désagréables ou tristes fabriquent des produits chimiques nuisibles et capables d'engendrer des maladies, alors que les sentiments bienveillants et joyeux réalisent des précipités salutaires, pouvant agir comme des remèdes.

« Ces produits se retrouvent aussi dans La transpiration et les autres sécrétions. J'ai découvert plus de quarante bons produits et autant de mauvais; et j'ai conclu que tout sentiment de malveillance ou de tristesse, opère dans les tissus un changement chimique correspondant, qui réagit comme un poison et déprime. En revanche, les sentiments de bienveillance et de joie apportent des changements favorables, l'augmentation de la vie et delà santé. »

Cette conclusion arrive à la rescousse des

^ .■■ ,■■1 — 1 ■ »■!-■ ■■»■ ■■■■■■■■l ■■■! » ^^^^^ !■ Il »

tâtonnements yitalistesde Paracelse,de YanHelmont, de Swedenborg et des métaphysiciens thérapeutes de Técole de Montpellier.

Cette chimie psychique n'est, bien entendu, à rheure actuelle et pour nous, qu'une rêverie ingénieuse, car la science n'admet définitivement que des expériences soigneusement répétées et contrôlées, qui ne peuvent laisser aucun doute. Or, quand il s'agit de phénomènes biologiques, tant de causes différentes sont en jeu, qu'une opinion décisive ne devient possible qu'après une longue série d'essais et l'épreuve du temps*.

11 n'empêche que nous sommes sur la voie d'une vérité scientifique qui ne trouve aucune objection à priori^ dans les systèmes philosophiques les plus contradictoires : matérialisme, spirituaUsme,idéalisme, monisme. Quelon sépare le corps et l'esprit, qu'on les assimile, qu'on les admette parallèles ou que l'on suppose l'un ou l'autre illusoires, rien ne s'oppose à ce que l'on admette une influence positive de l'âme sur le corps et du corps sur l'âme. Cela est vrai et nous le sentons, car l'expérience nous y ramèae quotidiennement. La science, qui va lentemient

* Ce qu'il peut y avoir d'important dans la découverte encore hypothétique de M. Gates, nous est suggéré par l'observation du D^ Charrin. Celui-ci a remarqué que chez les nouveau-nés dégénérés les sécrétions sont beaucoup plus toxiques que chez les nouveaux-nés normaux.

du tangible à TintaDgible, de l'analyse des corps bruts à la découverte des plus subtiles radiations, nous a déjà démontré que le corps agissait sur Tàme. Puisque la réciproque est vraie aussi, elle en fera la preuve un jour chimiquement. Nul ne pourra plus douter par exemple des fameux apophtegmes de TÉcclésiaste : « La tristesse en a tué plusieurs et elle n'est utile à rien. — L'envie et la colère abrègent les jours; etl'inquiétude fait venir la vieillesse avant le temps. »

Elles seront vériûées aussi, même dans notre organisme, ces nobles pensées que Platon formule dans le Phédon. « Ce qui est divin, c'est ce qui est beau, vrai, bon et tout ce qui possède les qualités analogues ; et c'est aussi ce qui nourrit et fortifie les ailes de l'âme ; et toutes qualités contraires, comme la laideur et le mal, les flétrissent et les font dépérir. »

CHARLATANS ET PRÉCCRSEURS

Je n'ai pas à dissimuler ma très vive sympathie pour les efforts américains de la « Thought healing », ([a pensée qui guérit). Cette doctrine part de la suggestion et de l'hypnotisme, tous deux certains, pour aboutir aux entreprises encore aventureuses de Tauto-suggestion méthodique et de l'influence à distance.

Elle apprend à évoquer en soi des forces

supérieures. Par la modification du caractère et des mœurs, elle achemine à la transfiguration de la destinée...

Dans mon livre la Philosophie de l'Espérance, couronnement de mes études sur la métapsychique, je développerai cette double thèse en m'appuyant sur des faits.

Tout ce qui nous fait espérer davantage, nous arrache à la routine, augmente le sentiment de nos capacités, doit être encouragé au plus haut point. Je suis persuadé que TEurope et la France spécialement, qui ont regardé jusqu'ici avec dédain cette campagne « idéalistique » de la jeune Amérique, feront mieux que de s'y intéresser; elles lui donneront sa forme réellement positive et créeront une méthode claire et pratique, susceptible de faire rendre à la « Thought healing » ce qu'elle contient d'heureux et de substantiel.

Paracelse, Van Helmont et Mesmer sont souvent encore traités de charlatans. Cependant Charcot ou Pasteur, qui mirent au point ces brumeuses et géniales trouvailles de leurs devanciers, sont salués,eux, comme des messies scientifiques. Qui sait si à son tour quelque « Curie » de Tavenir ne tirera pas un jour une découverte féconde, des prétentions et des exercices des « professeurs de volonté »? Citons les plus

connus qui pourtant, en France, sont à peu près ignorés. Mrs Baker Eddy, MrsUrsuiaN. Gestefeld, ringénieux et idéaliste C. B. Patterson, fondateur de la Bibliothèque de la santé « The library of health », M. Prentice Muhlford, qui mourut sur son propre yacht pour la cause de la méditation , et surtout ce si raisonnable et si industrieux Henry Wood qui donne à ses procédés une publicité courageuse.

les c( professeurs de volonté )) combattent

l'hypnotisme

Malheureusement la plupart d'entre eux, enivrés de leurs trouvailles, tirent sur leurs camarades à diplômes et font par exemple la gserre à la thérapeutique officielle et à Thypnotisme.

C'est regrettable et très humain ; car l'hypnotisme et la pharmacie, c'est, croient-ils, la concurrence, alors que ce sont en réalité d'utiles collaborateurs.

Parmi ceux qui ont proposé un idéal acceptable de cure mentale, il faut citer en première ligne C. B. Patterson de New-York. J'eus l'occasion de discourir avec lui à Londres où il faisait une promenade pastorale et utilitaire. Ce guéris^ seur par télépathie est au'ssi un philosophe et un homme d'esprit. Il m« fit avec vigueur le procès

de rhypnotisme. Hélas ! rien n'est parfait. L'hypnotisme non plus.

« Vous savez bien, — me dit-il, et votre science européenne et française, — Gbiarcotet le D" Babinsky en tête, — fut la première à le reconnaître, — hypnotiser quelqu'un, c'est le rendre sûrement hystérique, ou du moins provoquer en lui rhystérie qui y couvait. Un homme hypnotisé n'est plus autonome, c'est un organisme déchu et détraqué. Les guérisons hypnotiques sont réelles, parce qu'elles mettent en jeu cette force de la pensée dont nous nous servons aussi ; mais elles sont brèves et suivies de graves rechutes, parce que leur influence est restée artificielle. Elles infligèrent à la plante psychique une greffe qu'elle n'a pas longtemps supportée. La « synthèse mentale » en revanche, « l'unité du moi » ont été irréparablement entamées; le Uen de la personnalité, déchiré. Tout au plus si l'hypnotisme, ce procédé violent que l'on pourrait appeler la « chirurgie psychique », est applicable à des cas extrên^s. Et encore nous croyons, nous autres, que la conscience, c'esl-àdire « le divin en nous » n'a jamais entièrement disparu. «. Pour éviter la paresse de la volonté et profiter de la suggestion acquise, il faut soimôme avoir fait l'effort» avoir tiré de soi-même le remède. »

LA GUÉRISON TÉLÉPATHIQUE OU l'eNVOUTEMENT

Page 1