‹ Le miracle moderneChapitre 15 sur 171 · LE CERVEAU N*EST PAS UNE PRISON POUR LES SENTIMENTS ET LES PENSÉES · texte numérisé non relu

LE CERVEAU N*EST PAS UNE PRISON POUR LES SENTIMENTS ET LES PENSÉES

Avez-vous remarqué qu'an fond des rêveries mystiques il y a toujours un grain d'observation exacte? L'homme est en quelque sorte obsédé par la vérité, même en ses plus étranges égarements. Bien des fantaisies quasi-délirantes ont préparé Tavènement de découvertes utiles. On a divagué beaucoup à propos du rayonnement humain. Il n'en est pas moins incontestable et chacun obscurément Témane et le ressent.

Aucune solution de continuité dans la nature universelle; Témotion, la pensée se propagent de mille manières et le cerveau n'est pas une prison.

« J'ai connu un homme^ dit Goethe, qui sans dire un mot pouvait, par la seule puissance de l'âme, rendre tout à coup silencieuse une assemblée livrée à de gais entretiens. Il pouvait même causer un insupportable malaise. » Et j'ai déjà

LES TROIS PRÉGDRSEURS DE LÀ MÉTÂPSTCHIQUE 39

cité la phrase da poète savant sur les forces électriques et magnéHifues, attractives et répulsives, que nous possédons tous.

Cette hypothèse expliquerait les intuitions brusques, les sympathies et les antipathies immédiates et irrésistibles. Il n'est pas déraisonnable de croire que nous baignons dans une ambiance psychique comme dans l'ambiance d'atmosphère et d'électricité ; nous aspirons et respirons en quelque sorte des pensées et des sentiments; il existe vraiment des courants d'idées, des contagions d'âme. Il suffit d'être « sensitif » pour s'en douter et observateur pour le constater.

L'influence du milieu social n'a tant de puissance modelante sur l'extérieur et le caractère des êtres que pour ce motif. La pression constante de su^estions mentales, de télépathies subtiles, de secrets rayonnements est aussi efficace, sinon plus, que Faction des énergies évidentes. L'inspiré, le poète, l'orateur, le tribun, le voyant et même le comédien sont ceux qui profitent de ces courants puissants et délicats en les msdtrisant ; les médiums, les neurasthéniques, les hystériques, les fous, en sont les victimes, parce qu'ils les subissent.

Nous en savons assez pour entrevoir les premiers principes de cette intercommunication;

mais dès que Ton aborde pour tel ou tel fait une explication pratique, une solution précise, on s'égare, on se risque du moins sur un terrain mouvant, fuyant; on « chimérise ». L'imagination fait dévier le jugement, elle trouble même le phénomène en soi. Et par malheur les cervelles échauffées, pour tout brouiller, s'en mêlent. N'importe, soyons patients ; et, sans nous décourager, en nous disant bien entendu que nous sommes dans une période d'attente, notons les expériences commencées et les recherches qui n'ont pas encore abouti.

l'aura

Ce rayonnement humain a beaucoup préoccupé les occultistes qui le nommèrent VAitra. Récemment, certaines écoles théosophiques voulurent par la clairvoyance distinguer les couleurs et les formes que produiraient dans cette atmosphère métapsychique les sentiments exhalés par chacun de nous...

J'ai là sous les yeux les dessins et les peintures que les voyants ont tracés eux-mêmes d'après leurs propres impressions. Ainsi l'explosion de la colère donnerait une sorte d'éclatement rouge et brun, le sentiment de bienveillance une étoile aux rayons jaunes^ la haine un éclair rougeâtre, le sentiment religieux un lotus

bleu... Les occultistes supposent que la lumière astrale pour l'univers et le corps astral pour rhomme sont le théâtre de ces émanations. Rêves ingénus et ingénieux et cependant pressentiment de quelque découverte prochaine qui sera précisée un jour, il faut Tespérer.

En fait, ce rayonnement humain^ — sauf pour la télépathie et les suggestions mentales à distance où il semble surtout un appel d'émotion, de pensées ou d'images, une sorte de télégraphie sans fil — nous n'arrivons à Tentrevoir mécaniquement ou chimiquement que dans une étroite zone, à petite distance de nous : « extériorisation de la sensibilité ou de la motricité* », chez certains médiums ou encore rayons N ou phénomènes spirites en partie physiques, en partie intellectuels.

Un chercheur intrépide, le D' Baraduc^, pense par la plaque photographique et le biomètre noter et chiffrer ces émanations. Aurait-il été dupe d'une erreur complète? C'est improbable. En tout cas il mérite une place honorable dans l'histoire delà « métapsychique». Allons un moment jouer dans son féerique jardin.

* Ces termes sont provisoires et servent uniquement à classer des phénomènes capricieux et rebelles encore à une expérimentation définitive.

* De Paris.

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