DES PENSÉES
Il y a près de quinze ans que je connais le docteur Hippolyte Baraduc. C'est le Paracelse parisien. Il est né en cette Auvergne, qui fait les esprits pondérés et les charpentes vigoureuses, et non pas, comme Bombastus Paracelsus, en Suisse. Il guérit avec l'électricité, qui est « Télectrum » du vieil occultiste. Il croit, comme l'autre, à l'Ame du Monde, qu'il a baptisée le « Zoéther », c'est-à-dire réther vivant; et il pense que chaque individualité aspire et respire cette vie secrète de l'univers. Il pense cela, non diaprés des rêveries caduques, mais selon des expériences très nombreuses obtenues avec un instrument de physique, le « biomètre ». Paracelse se réveillait quelquefois la nuit, enveloppé de larves errantes et il les trucidait avec un glaive de bourreau, ramassé au pied d'un gibet... Baraduc, bien moderne, a appliqué aux phantasmes de la vieille magie les instruments de l'expérimentation précise. Le « biomètre » ne lui suffit pas, il photographie les visions et les pensées ; et ses plaques, sensibles mais impartiales, témoignent, nous dit-il, du rayonnement de la psyché intime.