CERTITUDES ACQUISES
— Pour nous résumer, interrompis-je, quelles sont à ce jour, d'après vous, les certitudes acquises ?
M. Charles Richet tira de sa pipe profonde une forte bouffée, qui Tenveloppa d'une sorte de petite nuée prophétique :
— D'abord, que je vous confie que je n'ai pas foi en les deux hypothèses les plus connues pour expliquer ces phénomènes étranges.
a On dit : Ce sont des esprits de décédés, des anges ou des démons, qui interviennent dans les séances. Voilà qui ne me parait pas acceptable.
« On dit encore : Ce sont des effluves humains'. Je n'y crois pas non plus.
« Ce qui me paraît acquis c'est que :
« 1® Il existe dans la nature des forces inconnues, susceptibles d'agir sur la matière (ceci pour les phénomènes objectifs de la métapsychique, tels que les transports d'objets sans contact, luminosité, etc.) ;
« Z" Nous possédons d'autres moyens de connaissance que la raison et les sens (ceci pour les phénomènes subjectifs de la métapsychique :
clairvoyance, télépathie, double vue) .
* Faut'il donc refuser aux effluves humains toute réalité? Je ne le crois pas. Je suis de ceux à qui leur expérience et leurs travaux font prendre une position intermédiaire entre le scepticisme de M. Richet, à propos de cette hypothèse et les affirmations peut-être un peu aventureuses de M. de Rochas . A mon avis il s'agit moins d'effluves humains que de radiation humaine.
Radiation évidente d'émotions et d'idées, radiation probable d'énergie nerveuse. La critique de M. Gh. Richet sur les effluves humains, tels du moins que nous les présentent « Textériorisation de la sensibilité et de la motricité » (M. de Rochas) ou « la respiration fluidique » (D^ Baraduc) garde tout son poids.
On croit bien qu'il ne s'agit là que d'hypothèses préliminaires. Elles eurent cependant leur raison d'être, puisqu'elles nous préparèrent à une loifuture sur les influences réciproques etdélicatesdespersonnalitéshumaines entre elles et l'univers.