‹ Le miracle moderneChapitre 47 sur 171 · SUBLIME · texte numérisé non relu

SUBLIME

hdi prose de ces « révélations » est tout aussi intéressanteque les vers, plus variée peut-être; car les plaisanteries aristophanesquesdela < Blague », les piquantes observations de « la Critique » reposent des sublimes envolées de Shakes* peare. La Critique appelle par exemple Mérimée «King Chartes de vieilles femmes », Emile Augier « munito chauve usé par le coiffeur ». Napoléon III, ses ministres, ses amis sont cruellement malmenés par les « esprits », qui se proclament très républicains» — jusqu'à André Ghénier converti dans l'au-delà à la religion des « Droits de Thomme ». Réellement, la table semble le miroir grossissant des idées du groupe.

Ce qu'on ne saurait contester, c'est Télévation et la beauté de certaines (c manifestations ».

Comment ne pas admirer, par exemple, telle page où vibre tant de fierté, tant de délicatesse, de vigueur ? Elle pourrait être signée de Hugo ; elle est due à VOmbre du Sépulcre.

Cette « entité » répond à une observation qui lui est faite. On lui reprochait d'user de termes bibliques et d'expressions symboliques.

« Imprudent, tu dis: l'Ombre du Sépulcre parle le a langage humain, elle se sert des images bibliques, a des mots, des figures, des métaphores, des men-

« songes pour dire la vérité, l'Ombre du Sépulcre « n'a pas d'ailes, TOmbre du Sépulcre ne tient pas « de livre ouvert devant Dieu ; l'Ombre du Sépulcre (c n'est pas ange comme l'église les voit en robe (c blanche et une palme dans la main ; l'Ombre du if Sépulcre n'est pas une mascarade ; tu as raison, je « suis une réalité. Si je descends à vous parler votre « jargon où le sublime consiste en si peu de temc( pète, c'est que vous êtes limités. Le mot c'est la c( chaîne de l'esprit; l'image c'est le carcan de la « pensée. Votre idéal c'est le collier de l'âme. Votre (( sublime est un cul-de-basse-fosse ; votre ciel est le a plafond d'une cave, votre langue est un bruit relié ce dans un dictionnaire ; ma langue à moi c'est l'im- (( mensité, c'est roeéaa^ c'est l'ouragan ; ma biblio* « thèque contient des millions d'étoiles, des millions a de planètes, des millions de constellations. L'in- (c fini est le livre suprême et Dieu est le lecteur c( éternel. Maintenant si tu veux que je te parle dans « mon langage, monte sur le Sinaî et tu m'enten- « dras dans les éclairs, monte sur le calvaire et tu « me verras dans les rayons, descends dans le tom- « beau et tu me sentiras dans la clémence. »

On dirait que la conscience sapérieare de Victor Hugo» revêtant ce style sybillien, dont le poète usa de plus en plus en vieillissant, déploie ici des envolées superbes. Mais rien encore qui ne puisse s'expliquer par Tânie et les connaissances du groupe de Jersey. En tous cas, malgré quelques négligences, plusieurs expressions sont des trouvailles de msdtre.

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