I. — LA FRAUDE
Seul, Charles eût pu frauder, puisqu'avec sa mère il était, comme je Tai déjà dit, le principal, sinon Tunique médium. Mais j'ai déjà dit aussi comment M. Paul Meurice a répondu à cette objection : indolence de Charles Tempêchant de préméditer un travail énorme, son amour-propre qui Teût poussé à signer des productions tellement louées par tous, même par Victor Hugo.
Une mystification d'un goût d'autant plus douteux qu'elle s'appliquait à sa propre famille et à son père, dont il était l'admirateur, apparaît improbable. De plus la qualité littéraire des communications, obtenues par les tables de Marine- Terrace, est souvent égale aux meilleures productions d'Hugo et ne ressemble guère — notez-le bien — qu'aux œuvres slors futures du maître. La philosophie qui s'en dégage est celle, en
effet, de IHeu^ de rAmeyàn Pape et, j'y insiste, du deuxième tame des Contemplatioris. À cette époque Hugo, était déis te spiritualiste républicain. Les esprits eux, sont panthéistes, réincarnationnistes^ monistes et socialistes ; ces opinions le poète ne les fera siennes que plus tard.
Néanmoins maintes idées de Charles, maintes tournures de son style ont dû s'infiltrer dans les « révélations » de Jersey. Ce n'était ni un poète, ni un prosateur à dédaigner; et le médium donne toujours beaucoup de lui dans les plus authentiques manifestations qui le traversent. Cependant Charles ne pouvait suffire à la tâche, il puisa dans les « réserves » psychiques des assistants, de son père surtout.
Les magnifiques vers prononcés par la Bouche d Ombre dans les Contemplations y paraissent presque pfties et fades, à côté des toutes-puissantes harangues de VOmbre du Sépulcre ! La Fraude est généralement simiesque et médiocre. Ici éclate la Sincérité, sœur de l'Inspiration et «du Oénie.