‹ Le miracle moderneChapitre 66 sur 171 · NOS PROPRES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

NOS PROPRES OBSERVATIONS

(la servante de la PERHE de MOniLLERON-EN-PAREDS, d'aPRÂS NOTRE ENQUÊTE, EST LA CAUSE INVOLONTAIRE BT MÉTAPSYCHIQUE DB TOUS LES PRODIGBS).

Pendant tout le mois de juillet et la première moitié d'août 4896, les époux Perrin qui exploitent une petite ferme à Taide de deux domestiques, Marie Thibaut, âgée de seize ans, et Henri Dumont âgé de dix-huit ans, remarquèrent dans leur maison des bouleversements accompagnés de bruits. Les cadres accrochés aux murs tombaient seuls sans se briser et sans que Ton y touchât ; des objets renfer-

mes dans un meuble étaient retrouvés dans un autre etc.. Ces faits étant relativement isolés^ les époux Perrin n'y accordèrent d*abord aucune importance.

Vers la fin du mois d*août, ils prirent un caractère inquiétant de fréquence et d'acuité ; les meubles furent bouleversés^ le linge sorti des armoires et jeté sur le sol, le bétail détaché, les barriques de vin ouvertes, etc., etc..

Tout d'un coup, ces faits cessèrent ; cette accalmie coïncida avec le départ de la jeune servante Marie Thibaut^ qui alla passer quelques jours dans sa famille à Pouzac, commune d'Antigny (Vendée) ; mais alors ils se produisirent chez la veuve Paillât, habitant le même hameau que les parents de la jeune fille.

Voici ce que cette femme a raconté à ce sujet : Le 12 août 1896, elle était partie dans les champs, laissant selon sa coutume les clefs sur ses portes /ermees. En rentrant, elle trouva les portes ouvertes, ses effets et ses meubles à terre. La femme Paillât croit pouvoir affirmer qu'à ce moment Marie Thibaut n'est pas venue chez elle, bien qu'elle fût dans le bourg. De plus elle dit que cette fille est incapable de faire du mal à qui que ce soit.

Dès que la sellante fut revenue chez ses maîtres, les désordres recommencèrent. Mais cette fois si inexplicables et prenant un caractère si dangereux que les époux Perrin, gens âgés, s'affolèrent et que la gendarmerie fut convoquée. Les soupçons de tous s'étaient déjà portés sur Marie Thibaut que l'on accusait d'être une mystificatrice : tous ses gestes furent donc étroitement surveillés ; mais personne ne put la prendre surle fait.

Comme pour surexciter davantage TopiiiioD, le feu prit trois fois en deux jours à un palier situé près de la maison des époux Perrin et leur appartenant.

On redoubla de surveillance en vain. Les prodiges continuèrent et on ne put en découvrir Tauteur.

Yoici> àce sujet, lesrécitsdu domestique etde quelques amis :

Henri Dumont raconte qu'une nuit il a été réveillé par un drap tout plié tombé de haut sur ses pieds ; il le retira^ mais il en tomba d'autres. Tout le personnel de la ferme, y compris la servante^ couchait dans la même chambre. Le lendemain, en plein jour, Henri Dumont vit sortir des draps de la grande armoire, par le haut, comme projetés par une force invisible et ceci sans que les planches fermant hermétiquement le dessus de V armoire eussent été dérangées.

Quant à ses propres effets, enfermés dans un buffet dont il avait la clef, ils disparurent, sans que le buffet eût été ouvert; et il les retrouva quelques jours après dans un tas de foin. Deux bottines, placées à côté de lui sur une cheminée, tombaient seules par terre, tantôt Tune, tantôt Tautre, quoique remises plusieurs fois solidement en place par lui-même. Les lits, les tables chaviraient ; et toute la maison retentissait d'un vacarme infernal. Comme les autres, Dumont soupçonnait Marie d*ètre l'auteur de ces faits, et il la surveillait en conséquence. C'est ainsi qu'il l'accompagnait quand elle allait traire les vaches.

A plusieurs reprises il vit les bêtes se détacher seules, sans que la jeune QUe, tout occupée à son travail, pût même toucher à leur lien.

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