PROCÈS-VERBAUX, DOCUMENTS ET DISCUSSIONS
Les procès-verbaux des séances remplissent plusieurs fascicules et renferment à peu près jusqu*ici plus de deux mille grandes pages de petit texte. J'ai mis beaucoup de temps à les déchiffrer et surtout à les classer, à les résumer et à en tirer des conclusions.
La méthode des doctes expérimentateurs pour observer ces phénomènes complexes et anormaux, est encore en formation et rencontre de graves difficultés. Leurs précautions minutieuses deviennent superflues; car le plus souvent ils laissent le médium conduire la séance ; mais leur scrupule de véracité, quoique peu efficace, mérite d'être loué. Tout se passe en conversations familières entre les assistants, le médium et les morts, en détails de vérification, en commentaires, en discussions. J'ai essayé, selon l'esprit français, de faire une synthèse succincte et claire, en triant dans cet amas énorme de notes.
M. RICHARD H0D6S0N <( LA TERREUR DES MÉDIUMS » CONVERTI AU SPIRITUALISME PAR M*^* PIPER
J'ai conversé à Londres avec M. Richard Hodgson docteur en droit. C'est une intelligence posée,
ealme^ méticuleuse, un peaméfumte. Trap volontiers, il affirme que l'hypothèse d'une communication avec les morts est la seule satisfaisante et la moins absurde pour expliquer les récents phénomènes de M" Piper. Il m'a déclaré que la moindre apparence de fraude n'avait pu être relevée pendant plusieurs mois d'expérience.
Médium unique qui ne triche pas ! « Elle a l'âme pure et simple d'un enfant », m'a-t*il dit. D'ailleurs, M. Hodgson n'a été qu'un des secrétaires de ces nombreuses séances, auxquelles ont assisté des centaines de personnes stupéfaites. Plusieurs savants notoires, tels que les professeurs Hyslop, James, Myers de Cambridge, Charles Richet, d'autres encore, les ont contrôlées.
Jusqu'alors, M. Hodgson avait été la terreur des médiums. C'est lui qui a porté à la « Société théosophique »le coup le plus redoutable, à propos d'une affaire de prestidigitation, accomplie dans les Indes par la famille Coulomb, et oi!iM°^* Blavatsky fut assez gravement compromise ^ Ëusapia Paladino ne trouva pas grâce devant lui. Le grand, le véritable, le seul médium devait venir d'Amérique. Et c'est M'^ Piper, la collaboratrice de M. Hodgson.
Aujourd'hui, le D' Hodgson doit être, mkux
* Consulter les proceedings de la Société, passim.
pour « former la troupe ». Mais le D"^ Phinuii ne rentendit pas ainsi. Et il supplanta les autres personnages, qui durent concentrer tous leurs pouvoirs sur lui :
« Je n*ai pu découvrir aucune continuité de souvenirs» écrivait M. Hodgson, entre Phinuii et M'"* Piper. Je crois que celle-ci ignore ce qui se passe pendant l'incarnation ; et Phinuit prétend être complètement étranger à ce que sait j|ine Piper et aux incidents de sa vie ordinaire. Parexemple, en juin 1888, M"* Piper fut effrayée par un coup de tonnerre subit. Quand Phinuit fut questionné à ce sujet, il parut n'en avoir aucune notion ; il s'industria même à deviner ce qui était arrivé. J'ai entendu Phinuit ce barboter » et commettre des erreurs sur des points bien connus de M'^ Piper ».