GASCON
Cependant Phinuit ne put prouver son identité. II donna même à ce propos les rensei* gnements les plus notoirement faux et chercha, pour faire diversion, à s'attribuer d'autres noms. Il fallut admettre qu'il n'était que M" Piper elle-même, plongée dans un état particulier d'inconscience.
Quant aux séances, elles varièrent grandement en qualité. Parfois Phinuit n'avançait pas un fait qui ne fut vrai. Parfois aussi sa conversation ne montrait pas un éclair de réel savoir ; et il péchait des assertions plus ou moins à l'aveuglette. On essaya de Thypnotisme qui n'a jamais réussi complètement avec M"® Piper.
Le professeur James n'obtint que des demirésultats.
Il y eut souvent une différence marquée entre
les premières minutes de 1* « incarnation ^ j» et le reste de la séance. D'après le professeur Myers de Cambridge, Timporlant était débité au début ; le reste s'affadissait en vagues généralités, en répétitions, en rêveries. Phinuit se déclarait le « facteur rural » des esprits, le porteur de leurs messages. Et il disait ne se souvenir de ces commissions que « quelques minutes après son entrée dans le médium ». Néanmoins, il ne savait s'en aller, qu'une fois son « budget » épuisé.
Il semble qu'il y ait là, comme d'ailleurs en tous les autres efforts de l'intelligence, l'affaiblissement lent d'une énergie mentale, qui dure tant que l'impulsion originelle ne se perd pas dans l'incohérence. Ces faits démontraient surtout la délicatesse et l'extension des facultés télépathiques ou clairvoyantes du sujet. Rien qui donnât jusqu'ici à Thypothèse spirite une grande force. Tout devait se compliquer avec le nouveau personnage qui entra en lice, devint le grand favori et arriva même à supplanter Phinuit. Ce personnage-là se disait l'esprit d'un mort bien connu de la <c Society for psychical research », dont il fut un membre honorable pendant sa vie.
* Ce terme d* a incarnation » désigne en spiritisme Tétat d*un médium, en qui nn « esprit » sersût descendu.
il s'appelait Georges Pellew^ Jamais « revenant » n'excita une telle curiosité et ne fui tenu pour authentique par autant de professeurs éminents*.
' Par discrétion, les Proceedings le désignent sous le pseudonyme de Georges Pelham et abréviativement G. P.
* Les poètes aussi et en somme la plupart de ceux qui connurent le vivant. Stuart Mérill, qui fut un ami de G. P., m'a écrit à deux reprises que le caractère du mort était fidèlementreproduitpar les discours du 7*evenant que j'avais cités.