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LE GÉNIE DE M" PIPER

D après cet avocat des a esprits », certaines révélations affectent un sentiment de moralité plus élevé, une tendance plus noble, faisant espérer qu'elles émanent d'intelligences, «c mieux dégagées de la matière », que les assistants et leurs amis...

Je répondrai que jamais les plus belles révélations de M" Piper ne dépassent les inspirations des philosophes et des poètes illustres, qui cependant ne tirent leurs phrases et leurs pensées que de leur propre fond. Les grands hommes pendant leur vie sont très supérieurs dans leurs

œuvres aux meilleures « communications » des soi-disant grands hommes après leur mort. Je ne connais qu'un seul cas, où il semble que l'œuvre médiumnimique parfois l'emporte ; ce sont « les Tables de Jersey ». Mais Hugo était là ; avec son rayonnement personnel.

Enfin, — et à Taspect du phénomène cette objection dernière prend une certaine valeur, — ces (( esprits »^ différents les uns des autres, ont quelque chose de « personnel » et de « vivant » que Ton sent, qui nous domine, et qu'il est difficile de rayer d'un trait de plume ou d'un raisonnement.

M. Hodgson en arrive à cette thèse, que nous avons formulée tout d'abord, en nous servant des paroles de G. P., et qu'il résume comme suit :

« Il peut très bien exister quelque communication, même à titre seulement partiel et frag* mentaire, avec Tentité et la personnalité des morts. Je suis désormais pleinement convaincu que de telles communications existent actuellement, à Taide des transes de M*^"^ Piper. » Richard Hodgson.

Une déclaration à peu près semblable a été signée par la majorité des expérimentateurs. Il est impossible de n'en pas tenir compte à l'éloge de la puissance de « vraisemblance », que possède cette « clairvoyante ».

Pour ma part, j'en conclus que M" Piper possède une espèce de génie personnel. Elle est, au milieu des autres médiums comme une princesse parmi des servantes ; elle les domine, et ce qui vient d'elle porte un cachet d'authenticité et d'inspiration, tout à fait exceptionnel.

l'ombre Païenne

Si Ton consent à admettre les expériences dont je viens de parler, quelque chose de nos amis disparus demeurerait véritablement autour de nous, comme Tarome d'une fleur persiste assez longtemps encore dans une chambre, quand nous avons arraché et détruit ses pétales.

Ce serait la IIP partie de ce livre, comme le dit le titre de ce chapitre, les « miettes des morts ». L'ombre païenne, cette demi-réalité aurait encore des raisons d'être et, à travers la transe des médiums, nous discernerions son fugitif reflet; mais il ne s'agit que des souvenirs laissés par le défunt dans la mémoire consciente et inconsciente de ceux qui l'ont connu. Ces documents sont dramatisés par un comédien ou une comédienne — sincère parfois mais suggéré.

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