SACRILÈGE
Elle est le type assez réussi de la voyante hystérique et démoniaque. Dès Tâge de deux ans, une « Belle Dame » se montre à elle toute velue
* Consulter : La Visionnaif*e de Prévof*st, par Kerner, Stattgard, 4846 (2 vol.) et les Mystères de la vie intérieure d'Escheamayer, Tubingue, 1830.
de blanc, avec des rayons jaunes autour de la tête. A quinze ans elle est contaminée par un mauvais prêtre qui la jette dans la débauche. Elle corrompt des nonnes, fait un pacte avec un diable, se disant Ossian. Les hosties lacérées saignaient dans sa chambre; elle se défroque, devient institutrice, et dans un confessionnal d'Auxerre se lie avec ce Thorey qui Texorcise. Elle va avec lui se disculper à Rome en 1865. Le pape refuse de les recevoir. M*' Ferrari traite Tabbé d'hérétique et sa compagne d'hystérique. Thorey s'obstine et écrit deux volumes de divagations hallucinatoires où il annonce qu'il saura, grâce à sa voyante, décrire « le ciel etTenfer tels qu'ils sont », raconter « la vie intime de Jésus et de Marie » et expliquer TApocalypse. Les erreurs de cei abbé hétérodoxe ont quelques affinités avec celles de Tabbé BouUan (D*^ Johannës) dont nous nous occupâmes, Huysmans et moi, et qui fut grand excitateur et entraîneur de voyantes. J'ai étudié en détail le cas d'une pauvre femme qui, sur le tard, se crut l'instrument d'une mission providentielle. Elle était à la fois mystique et anticléricale ; sa manie s'aggravait d'idées et d'actes chimériques et sacrilèges. M""® Marie Blin, aujourd'hui défunte, rêva, après avoir été couturière, de devenir une sorte de Messie féminin. Elle écrivait automatiquement sous l'influence de k Mer-
cédès^ fils de Dieu ». Cet étrange inspirateur, au nom de danseuse espagnole, régnait sur la planète Mercure et se targua d^être le Christ. Le D*" Baraduc m'a montré sur un cliché la forme de ce parasite fluidique, qu41 aurait obtenue dans Tobscurité, en approchant une plaque de M"® Blin assise dans le bain d'électricité statique... Gela ressemblait à un buste assez grossier du dieu Mercure*. Un érotisme maladif se mêlait à ces manifestations d'écriture automatique.
Mercedes apparaissait d'ailleurs chaque vendredi saint au médium, qu'il appelait sa mère et qu'il possédait en la stigmatisant, vers trois heures de l'après-midi. C'était l'incubât médiéval renaissant de nos jours« La pauvre femme mourut misérable et abandonnée des siens. Les cahiers qu'elle m'a légués sont de véritables documents de psychologie anormale.