‹ Le miracle moderneChapitre 93 sur 171 · MYSTIQUE · texte numérisé non relu

MYSTIQUE

Il n'est pas niable que certaines maladies, organiques ou nerveuses, favorisent le développement de ces facultés extraordinaires. Femme de génie, cœur noble et pur, activité indomptable, Térëse d'Avila plane à des altitudes magnifiques au-dessus de toutes ces étranges visiteuses de rinconnu ; elle n'en n'est pas moins douloureusement marquée, elle aussi, au signe de l'angoisse et de la détresse physique.

Ces « pouvoirs » seraient-ils compensés par de redoutables faiblesses ? Il faut bien le croire.

Ces organismes ébranlés ont comme des fissures, par où pénètre le mystère, ou plutôt, à mon avis, par où il s'évade ; car le mystère est en eux, comme il réside en toute Thumanité; seulement la plupart des hommes et des femmes le laissent sommeiller en des profondeurs que les agitations extérieures ne troublent pas. Il faut un traumatisme quelconque venu du dehors, ou une flamme intérieure consumante

besoin d'être renouvelées pour être prises en considération.

pour que les liens soient brisés. Alors le flot formidable déborde hors de ces digues, que la nature a prudemment fixées. A la suite d'acci- ^ dents, ou par dégénérescence native, ou par exaltation nerveuse, des capacités psychiques extraordinaires et mal déflnies encore se manifestent.

Je ne parle point de saintes célèbres, telles que Lidwine de Schiedam ou Catherine Ëmmerich, qui de leur couche d'agonie s'élancèrent mystiquement dans les régions d'un au-delà formidable et religieux. D'autres les ont décrites aussi complètement que possible; et la pureté de leur vie, la noblesse de leur martyre leur réservent une place à part loin du cortège profane des autres voyantes. La « qualité » de leurs visions est meilleure; leurs vertus et la richesse de leur imagination nous ont souvent éblouis.

Mrs Piper, nous l'avons dit, comme Eusapia Paladino, subit de préalables misères avant de se révéler. M"* Couesdon, Adèle Maginot, nous apparaissent comme des névrosées. Gantianille et Marie Blin étaient certainement victimes de troubles cérébraux. Le cas s'aggrave avec la voyante de Prévorst et Louise Lateau, des malades au su et au vu de tous.

Qui n'a entendu parler de M"** Haufife, la voyante de Prévorst, dont la fêlure hiéroma-

nique est évidente? Au dire de son admirateur et biographe Kerner, elle vivait dans une atmosphère constante de miracle. Les prodiges physiques chez elle accompagnaient les pouvoirs psychiques. Elle conversait sans cesse avec les morts. Et elle s'éteignit épuisée d'extase ^

Je ne m'attarderai point à la très controversée Louise Lateau, qui, née en i850, fut surtout une stigmatisée pieuse.

Je ne traiterai point ici de Bernadette et de Mélanie, qui ont donné Télan aux pèlerinages de Lourdes et de la Salette. La genèse de leurs visions n'est pas suffisamment éclaircie et elles ont excité des débats contradîctoiies, d'où une certitude bien nette n*est pas résultée. Elles ont préoccupé les théologiens et les anticléricaux. Je suis plus à Taise avec la Gantianille, dont Tabbé M. J.-C. Thorey se fît l'historiographe amphigourique et halluciné.

DEUX FEMMES DÉMONIAQUES ET l'iNGUBAT

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