SCENE IV JEAN, RORKRT (Jean se lève et remonte à la porte dn fond
ROBERT
Caporal!
JEAN, surpris.
Qui parle?
ROBERT
Moi. **
JEAN, le dévisageant.
Robert! Oh 1 (Un temps.) Que me veux-tu?
ROBERT, très ému.
Je voudrais... avoir... un petit entretien avec vou.s.
JEAN
Oli ! tu peux me tutoyer, va... comme avant, ça ne me gène pas.
ROBERT
Merci. Tu veux bien m'écouter?
JEAN
Oui. Vas-y.
ROBERT, avec effort.
Pendant tes cinq dernières années de service, tu es retourne en France, loi?
JEAN
Oui.
ROBERT
A Paris ?
JEAN, après une hésitation.
A Paris.
ROBERT, soupirant.
Moi je n'ai pas osé. Et puis... je n'avais pas d'argent... Alors. ..
JEAN
Tu voudrais savoir?
ROBERT, les larmes aux yeux.
Oui oui, je voudrais savoir. Maintenant que j'ai fini, que de nouveau je me trouve en face de l'existence, je voudrais savoir si ça vaut bien la peine que je retourne là-bas.
JEAN
Ça vaut toujours la peine de se repentir et de réparer ses torts dans la mesure du possible. Je pense que pendant ton dernier congé tu auras eu le temps de réfléchir ? A j)résent, tu n'as plus besoin que je t'injurie ou que je te conseille ?
ROBERT, humblement.
Tu peux nie conseiller toujours, je sais par expérience, que tes conseils sont bons.
JKAN, avec joie.
Tu as enfin compris ton véritable devoir? Tu as enfin compris que si les blessures que l'on porte au Iront sont celles qui font le plus d'cHet, elles ne sont pas toujours les plus glorieuses? Tu as enfin com|)ris que si nous nous armons pour détendre nos familles, nous devons aussi travailler pour les nourrir, car la misère est aussi dangereuse que les obus allemands ?
ROBERT
Oui, j'ai compris tout cela, et de même j'ai pu me rendre com])te qu'on ne saurait être un bon soldat quand on n'a pas la conscience nette. Je ne voudrais pas mourir sans avoir obtenu le pardon de mon vieux père, sans avoir embrassé notre frère.
•TEAX, ému.
Tu dois être libérable en même temps que moi?
Demain.
ROBERT
JEAN
Que vas tu faire?
ROBERT
Rentrer en France et me mettre au travail courageusement cette fois.
JEAN
VA puis?
RO]}ERT
Rechercher mon jjère et... comme j'aurais trop honte (le lui parler, l'aider en cachette.
JKAX
Tu le devras, d'autant plus que Pierre part au régiment cette année.
ROBERT, pemif.
(^est vrai. Comme le temps passe.
JEAN, doucement.
Tu n'as jamais reçu de nouvelles de la maison?
ROBERT
Jamais.
JEAN
Ils sont tirés d'aflFaire, mais le départ de Pierre remet tout en question.
ROBERT, avec élan.
Puisque je serai là, moi ! Puisque nous serons là, tous deux !
JEAN, livanl une lellre de sa poilrine. Enfin je te retrouve. Tiens, lis cette lettre.
ROBERT, la prenant.
Pour moi ?
^taW^wânS»! 111» mirii» i.niwiiawSii
Non. Elle m'est adressée, mais comme tu pourras t'en rendre compte, on y parle beaucoup de toi.
ROBERT, embrassant la lettre avec transport. Ah! Merci Jean ! Merci! (// //7).