‹ Le mirador; drame en un acte et deux tableauxChapitre 31 sur 33 · ROBE HT · texte numérisé non relu

ROBE HT

Je t'assure que ce n'est pas une idée que je me fais.

JEAN

Enfin, quoi, je sais ce que je dis peut-être? Dors tranquille : on viendra te réveiller dans une demi-heure.

ROBERT, niant. -^

Oh! "*

JEAN

Si, si. Une demi-heure au moins. Il ne faut pas laisser perdre une demi-heure de sommeil. Surtout quand la faction est aussi sérieuse, i)as vrai, Robert?

ROBERT, après un temps.

Tu as l'air bizarre.

JEAN

Moi?

ROBERT

Oui, je ne te trouve pas comme tout à l'heure .Tu as la voix oppressée.

JEAN

Que vas-tu imaginer là?

ROBERT, examinant le légionnaire qui est couché près

de lui.

Mais. . .

JEAN

Quoi encore?

ROBERT

Je ne me trom])e pas, voyons, c'est bien Bernard qui montait la faction quand on s'est couché?

JEAN

Je n'en sais rien. Je ne les connais pas par leurs noms, mais quand cela serait?

ROBERT

Le factionnaire a été changé alors.

A quoi le vois-tu?

roi5é:rt, montrant le légionnaire.

Bernard est là.

JEAN, d'une voix étranglée.

Là? Mais qui donc a pris sa place sur le mirador?

LE SERGENT, S éveillant.

Qu'arrive-t-il?

ROHERT, secouant le légionnaire.

Qui t'a remplacé en sentinelle?

— Coup de feu — Deuxième coup de feu — Cri —

LE SERGENT

Aux armes!

(Tous se lèvent et s'arment à la hâte.)

orro Les pirates.

IVAN, toujours impassible.

Je vous l'avais dit.

LE SERGENT, montrant la fenêtre.

Tirez par ici. Sur la rizière. Attendez pour voujc^^^ guider la lueur des coups de feu. " '

JEAN, qui a regardé tous les hommes les uns après le:

autres.

Un seul manque: Théodore! C'est lui qui est allé se faire tuer!

ROBERT, affolé.

A ma place? Pourquoi?

(Coups de feu au dehors.)

j lAN, se ruant vers la porte.

Il faut que je le ramène.

LE SERGENT, F arrêtant Halte ! le vous défends de sortir !

JEAN

Je ne puis pas laisser?...

LE SERGENT

Je suis responsable de vous tous. Dehors, c'est la mort certaine. Je vous défends de sortir 1 (Coups de feu, au dehors.)

IVAN, épaulant A nous. (Il lire.)

ROBERT, consolant Jean.

Puisqu'on ne peut pas le sauver.

IVAN, à Otto.

Quand tu seras blessé, appelle-moi. Tu sais que je suis médecin?

OTTO, épaulant.

Merci. (// tire.)

.TEAN, se mordant les poings.

Pauvre Théo, mort victime de son dévouement. (Coups de feu, on entend: Hourra ! Hourra ! A la baïonnette !

ROBERT

Mais on dirait la voix de ?...

LE SERGENT

Des Français 1

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