LES MÊMES, THÉODORE
THÉO, parait débraillé, sans casque. Il est blessé à l'épaule.
Criez aussi ! mais criez donc ! (// crie) Hourra ! Hourra ! Vous ne voyez donc pas que ,je suis en train de leur faire tout seul une charge à la baïonnette?
TOUS, sans bomjer.
Hourra ! Hourra ! En avant 1 {Ils éclatent de rire).
LE SERGENT
En voilà une qui n'est pas dans un sac,
JEAN, pressant Théodore dans ses bras.
Mon vieux !
THÉO, montrant son épaule.
Hé ! Hé 1 là. Ne serre pas trop fort, nom d'une pipe 1 J'ai du plomb dans l'aile.
IVAN
Je vais vous soigner.
THÉO, s'asseyant sur le pliant.
Vous avez l'air bien content d'avoir dit ça.
LE SERGENT
Mais... les ennemis ?
THÉO
Ils se sont trottes. Je l'ai vu à leurs coups de fusil qui partaient toujours de plus loin.
IVAN, le soignant.
C'est une éraflure. Vous avez eu de la chance.
rABLBi\.u n, scènf: VII 71
TH ÉO
De la chance? J'ai commencé par ne pas y monter sur voire niirador, ça m'a évité la peine d'en descendre. J'y ai seulement hissé mon casque sur un paquet de feuilles pour imiter un homme couché, puis je me suis installé dessous. Us ont crevé mon casque, mais j'ai vu d'où ils tiraient et j'ai riposté.
I,E SERGENT
Mais tu disais qu'au premier coup de feu ?
THÉO
Ça s'est passé comme d'habitude, mais ça ne m'empêche pas d'épauler. Puis quand j'ai eu le mors aux dents, j'ai chargé.
{On entend an loin la marche de la légion étrangère)
OTTO
La marche de la légion. (Tons prêtent l'oreille).
IVAN
Oui, c'est bien notre marche.
LK SERGENT
Sans doute le renfort. Ayant entendu la fusillade, ils sonnent pour nous donner du courage.
TOUS, brandissant leurs fusils.
Vive la légion !
Oh ! vous pouvez en laisser un peu pour les marsouins, aussi.
LE SERGENT
C'est vrai. Mais dis-nous pourquoi tu as voulu prendre la place de Robert?
72 LE MIRADOH
THEO
Pour sauver mon cai)oral.
ROHKKT
Je ne comprends pas.
THKO, montrant Jean.
Il voulait monter la faction sur le mirador pour (ju ça soit pas vous, alors moi je l'ai prise pour que r soit pas lui. {Jean lui serre la main avec effhsion.)
ROHKKT, à Jean avec cmolion.
Tu voulais donc me sauver à toute force 7
JEAN
Oui, pour ceux qui sont là-bas.
ROBERT, V embrassant.
Je me montrerai digne de ce que vous avez fait pou moi.
JEAN
J'en suis sûr : Moi, soldat dans le fond de l'àmc, j reste sous les drapeaux avec mon brave ami.
'vwv.o, joyenx .
(Vest ma récompense !
JEAN, à Robert.
Ma nouvelle prime t'aidera dans les commencement (Protestation de Robert.) Oh ! tu me rendras ça, (soi riant) avec les intérêts. Ne l'oublie plus, Hoberl, not autres, nous pouvons continuer à monter la garde su le mirador des marsouins pour la grandeur de 1 France ; mais, pour toi qui as un devoir sacré à ren ])lir, ta place est auprès de ton vieux père. Le miradc où tu dois veiller sans trêve : c'est le Foyer.
(La marche de ta téyion retentit tant près. La toii tombe).