‹ Le mirage d'or; piece en un acteChapitre 3 sur 15 · TALM1ER · texte numérisé non relu

TALM1ER

Hé! Le sais-je? Attendre encore un peu Un hasard peut-être... Il s'en produit parfois. Il reste bien à tenter l'aventure soimême...

LANDOIS

Oh ! Vous n'en êtes pas là !

TALMIER

Non... non... évidemment! et pourtant, je ne serais pas le premier. D'autres, avant moi, ont eu ce courage et en ont réchappé avec la gloire et la fortune, [La main sur l'épaule de Landois.) Voyez-vous, mon petit Landois, il y a un moment où il faut quitter son fauteuil pour aller forcer la fortune, sinon on reste toute sa vie à regarder les forts et les malins qui vous dépassent.

LANDOIS

Vous avez certainement raison, Monsieur Talmier...

TALMIER, s'asseyanl à une table de travail el rangeant des revues.

Et puis, nous ne sommes pas les seuls à chercher .Voilà ce qui m'inquiète. Peut-être qu'à ce moment un autre en est arrivé au point où nous en sommes. Jamais on n'a tant cherché le remède au choléra. Si nous étions devancés?

LANDOIS

Oh! vous êtes aussi trop pessimiste.

TALMIER

Eh! Eh! que de découvertes revendiquées de deux côtés à la fois. [Avec animation.) Ah! le succès! le succès ! Vingt fois j'ai cru le tenir, moi qui vous parle. 11 m'a fallu dix ans pour faire ce petit pas.

LANDOIS, l'interrompant.

Combien je donnerais pour l'avoir fait!

TALMIER

Ah ! Landois, ne faites jamais de la science ! Exercez votre métier de médecin, simplement, bourgeoisement. Ne cherchez pas

à innover. Oui, je sais, quand on est jeune, on se figure avoir un rôle à remplir, on fait des rêves d'ambition. Penh! A quoi cela m'a-t-il servi la science? J'aurais dû faire de la médecine... en commerçant... comme les autres. Au moins, aujourd'hui, je n'en serais pas à dépister des créanciers.

LANDOIS

Vous aurez votre revanche. Il n'est pas possible qu'un homme de votre valeur reste dans l'ombre. Et puis, la richesse, la gloire î Il n'y a pas que cela dans la vie. Vous avez une femme comme il y en a peu, avouez!

TALMIER

J'avoue.

LANDOIS

Une tille charmante... Enfin, vous avez un intérieur, une famille! Xe vous plaignez pas. Vous n'êtes pas seul dans la lutte.

TALMIER.

Allez, allez, la misère en commun, ce n'est pas une consolation. [Pendant que Landuis remet son paletot.) Ail! je donnerais beaucoup pour en être où vous en êtes... avec mon expérience. Aujourd'hui, je traiterais la vie comme il faut la traiter... comme une affaire. Allons, au revoir, mon cher Landois, revenez me voir. Dites à votre père que je l'attends demain. Et excusezmoi auprès de lui. Vous voyez comme je suis occupé. Pas un moment à moi, et des tracas !

LANDOIS

Mes respects à Mme et à Mlle Talmier.

TALMIER, le reconduisant.

C'est cela... c'est cela... Allons, adieu!

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