‹ Le Mirage perpétuelChapitre 11 sur 28 · DELPHES · texte numérisé non relu

DELPHES

Antinous, jeune homme à la belle poitrine, Et dont le torse nu s'infléchit mollement Sur une croupe, orgueil et plaisir des amants. Que ne maîtrises-tu ta grâce féminine !

T'aimait-il donc aussi l'anonyme sculpteur Qui mit cette souplesse en ta jambe arrondie Ht fit pour le baiser fraîches et rebondies Ces lèvres d'un dessin si tendre et séducteur?

Ces yeux... est-ce tristesse ou fatigue amoureuse? Tu nous troubles encor, favori d'Hadrien, Quand tu fais se cambrer la ligne de tes reins Et que tu tends, vers nous tes mains impérieuses !

Les siècles t'ont gardé le prestige éternel Des hommes dont la vie est un défi au ciel, Et de la volupté demeure dans ton geste D'homme né pour l'amour et dédaigneux du reste.

LES l'AYSAGES 4"

OLYMPIK

Hermès, quelle splendeur suprême que la tienne Devant la magnifique et froide majesté De ton corps qui nous fait le don de sa Beauté Je me sens laid, petit, et indigne d'Athènes.

Ta jambe, pilier souple où l'on sent un ressort Energique, tes reins vigoureux et ta cuisse Impeccable, ton dos et tes épaules lisses Proclament à jamais le néant de la mort.

Marbre ou chair? Que m'importe en des splendeurs égales J'admire avec respect cet être harmonieux Pour sa mâle vigueur et l'orgueil radieux Qui rend plus belle encor sa tête triomphale.

Vainqueur du temps et conscient de sa Beauté, Vraiment dieu par la grâce unique du génie, Il donne en se montrant des leçons d'harmonie Et par son seul aspect prouve sa Royauté.

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