VIOLON
Hoite petite et sombre où dort l'essaim des rêves, Berceau frêle où repose une Muse légère, Qui donc a mis le doigt sur ton cœur et fait taire Cette vibration que notre cœur achève?
Une note en suspens frôle encor notre oreille, Et notre ame en allée aux lointains inconnus Demeure dans un vague irréel et confus Où la voile au hasard du désir appareille
86 LA MUSIOUE
Mes yeux noyés de pleurs suivent leur rêverie ; Parfois montent au ciel en blanches envolées Des séraphins tenant des harpes effilées Et dont l'aile en glissant sur l'azur chante et prie,
Parfois je suis pareil à la coupe de jade Où le ciel automnal s'embrume et se dédore Et du grave à l'aigu la gamme qui s'évade Retombe en gouttes d'eau sur la nappe sonore.
Parfois j'écoute en moi des voix intérieures, Et mon cœur alangui d'invisibles caresses Se trouble au souvenir d'anciennes maîtresses, Songe très doux comme un baiser qui nous effleure
Ton âme dans mon âme a des correspondances,
O violon ! ta voix a la fluidité
D'une heure de douceur triste et de volupté
Tu sais l'enchantement du rhytme et des cadences
lîoîte petite et sombre où dort l'essaim des rêves, Berceau frôle où repose une Muse légère, Oui donc a mis le doigt sur ton cœur et fait taire Cette vibration que notre cœur achève ?