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TcrtKSse b BosUr cfaànre voleaté, el le cooferme à b
TolcBlé; si ciné ai nous mil ne propre fnfftt Tofeaté, mais h sienne, tant soilemoil, qui <«it dMne it tool le cocr entièrement, et foce en BSOES i|Qgfes cfe vent, aussi comme âe Mt, et est fiaite es siins anpes dn Gd qui font tous jours sa vdaité, siK mesfradbe et sans eonlredit.
Or »-ln ci les trois premims pétiticNUS de la PalreiHistie. qui sont les pfais hautes et les plus dignes? — . En b première nous drmamfcms le don de SAPIENCE. En b smmle , le don d ENTENDEMENT. En b tierce, le don de COXSEIL, si comme je t'ai dessus monstre.
Ces tndè choses nous les requérons mie pour ce que noiKs ks aions en ceste vie molel parfadtament ; mais nous monsIniQs i nostre Père nos desiriers qui sont, ou doivent être, i ce que trois pîères soient en nous faites ci actompties en b vie perduraUeV
hisse qadfae ckoae à désirer dâos le dérdoppement A!r> tDM» pri fi KTe s tauBies de Foraisoa Joninîcale. n semble trop c iwifi fa tr er ria^»êtratMMi de le«r objet sar oa dedem lindiridu, aa d g tTMi M it des Httsses de li société Iwanhie, des ptiens, des étranfers« des ToèsiBs. uùs, pireats, q«e le chrétieo oe doit ni ne peut oublier e« pr\4eranl ces eiodenles reqoèCes. La communauté dans Torab^Mi est pr c c isé aient élabfie por raoteor, d^nne manière si ad- «mble^ qv'oaa Kead^ètresiirprbdenepastroaTerre^ritmissionaaùre indM|iié duB ces Bfaes. Firat-O peut-être accuser de cette 0Niè!i:>Mi le pe« d^éteadne que rhorison mooastiqae pouvait alors axiMT?
Es autres quatre qui après viennent , nous parlerons un autre langage ; quer nous dirons apertement à nostire Père «donne-nous; perdonne-nous ; déli vre nous ». Quer se nous n'avons de li ces quatre proières , nous sommes mors et mal ballis en cest siècle; quer èles nous sont nécessaires en ceste vie mortèle.
Comment on entent:
flannn nastrttni C0tt^tanttm lia wbxs t^Vxt. »
|OULT nous enseigne nostre bon maistre à parler ^Kumblement et sagement , quant il nous aprent à dire « Biau Père, nostre pain cotidien nous donne hui » . Quer, que puet moins demander le fils à son père que du pain, sans plus, pour le jour passer?
Or samble que ce soit petit de chose que nous demandons; mais certes molt grant chose requérons. Quant on requiert à un Abbé le pain de s*Abeye, on requiert et la fraternité , et la compaignie, et part et droit en tous les biens de la maison. Aussi est-il ici ; quer qui a Toutroi
de cesU pain, il a la fraternité et part et droit et compaL gnie en tous les biens qui sont el ciel. C'est le pain de cel benoit couvent , le pain du ciel , le pain des angies, le pain délilable; quer il donne bonne vie, et garde Tàme sans mourir.
Cest pain est viande adroit , quer il estanche toute la faim du monde, et saoule homme si que il a assez. Ce ne fait nul autre viande.
C'est le pain et la viande que tu prens el sacrement de Tautel , que tu dois mander hastivement et gloutement , si comm enseigne TEscripture. Aussi comme fait li léchières ^ la bonne viande, qui aucime fois transgloutist le bon morsel sans macbier. C'est à dire, que tu dois prendre ceste viande en grant ardeur de cuer, et en grant désirier, et le dois aussi transglourre sans mâchier. C'est à dire : croirre en gros que c'est le vrai cors Ihucrist, et l'home et la Déité tout ensamble, sans encerchier comme ce puet eslre ; quer Dieu en puet plus faire que homme ne puet entendre.
Après , on doit faire de ceste viande aussi comme le buef l'erbe que il transgloutist ; c'est à dire que on doit recorder, et doucement, et menuement par parties toutes les bontés nostre Segneur, et quenques Ihucrist soufn en terre pour nous.
Adont treuve le cuer la droite savoir de ceste viande,
* Léchières; gourmand, glouton.
et conçoit une très ardant amour de Dieu et un très grant désirier de faire assez , et de soufrir pour li quenques il porroit; et tout ce fait la vertu de cest pain.
Cest le pain qui conforte et enforcist le cuer à ce que il soit bien fort à soufrir , et à faire grand chose pour Tamour Dieu. Mais ce ne puet estre sans le grant don du Sainct Esperit, qui est appelé le don de FORCE, qui arme les chevaliers à Dieu, et les fait courre au martyre, et les fait rire entre les tourmens. Or pues tu bien veoir comment, quand nous demandons courtoisement cest pain, nous demandons le don de Force; quer, aussi comme le pain corporel soustient et enforce le cors, aussi le don de force fait le cuer fort à soufrir et à faire grant chose pour Dieu.
Cesti pain nous apelons nostrc, quer il fu fait de nostre paste. Beneoite soit la prudefemme qui du sien i mist la fleur! Ce fu la Virge Marie. Il est nostre; quer pour nous il fu cuis et fris. Cuis el ventre de la Virge Marie, frit en la pouèle de la crois, si comme il dit el Sautier ; voire frit en son propre sanc ; quer ce OsUl en la grant ardeur de Tamour qu'il out à nous\ Cest le bescuit dont il garnist sa Nef, c'est la Saincte Eglyse, pour passer la grant mer de cest périlleus monde.
n est nostre, quer il le nous laissa à son congié prendre , et à son derrenier testament ,- comme le plus
^ C'est sans doute au Ps. XXH que Fauteur fait allusion.
grant trésor qu'il nous peust laissier ; et il le nous donna comme le plus bel jouel qu'il nous peust donner, que nous le gardissons pour Tamour de li, et usissons diascun jour en remembrance de li. Il est vraiemeni nostre, quer rien ne le nous puet tolimnalgré nous.
Nous rappelons nostre pain cotidian , c'est à dire, de chascun jour ; quer c'est la cotidiane distribudon que Dieu donne à ses chanoines , chacun jour, qui font son service et chantent ses heures : c'est à tous bons cuers qui chascun jour doucement, par vraie amour, font mémoire et remembrance de sa Passion. Le gros de la provende nous prendrons en nostre Aoust el Qel, quant nous le verrons à descouvert en sa biauté , si comme il est.
n est dit, pour ce, COTIDIAN, que chascun jour il nous est nécessaire, et chascim jour le doit-on prendre, ou , au sacrement de Tautel , connue font les Prebstres, ou esperituellement par droite foy.
Cest pain est très précieus , très noble , et très bien appareillé. C'est viande royal , en qui sont toutes manières de délices et toutes manières de saveurs, si comme dit le livre de sapience(?).
Ce n'est mie viande à garchonier, ne à donner à piétaille, ne à chiénaille, ne à vilains; mais à cuers nobles et gentils, et courtois et nets, c'est à dire, qui est gentil par grâce, noble par bonne vie , nétié et lavé par vraie confession. De sa vertu parle St. Mathieu l'Evangelistre,
et rapèle pain SUP-SUBST ANCIEL * ; c'est à dire que, il passe et sunnonte toutes sustances et toutes créatures de loing en vertu, et en digneté, et en toute manière de valeur , et il ne le puet miex descrire, ne plus souGsamment que apeler SEUR-SUBST ANCIEL.
On dit que une viande est substancleuse, quant il i a assez de substance et de norrissement. Et , comme plus est bien norrissante , plus dist-on que èle est substancieuse. Et pour ce qu'en cest pain a plus de bien et de vertu, et de norreture que on ne porroit penser ne dire, ne dit-on pas que il est substancieux , sans plus ; ains 6ï\ron que il est super substancieus , c'est, vertueux et substancieux outre entendement et cuidier.
Cest pain nous requérons à nostre Père, et li prions que il le nous doinst hui , cest jour, c'est en ceste vie mortel; si que nous puissions bonne journée faire, et attendre plus liéement nostre loier. C'est le denier que il donne à ses ouvriers, quant vient au vespre, c'est à la fin de la vie*.
* L'auteur veut sans doute faire allusion à Jean VI, 48-52.
' Ce n'est pas nous qui serons au dernier rang des admirateurs du point de vue spirituel sous lequel notre auteur envisage cette partie de Toraison dominicale ; mais nous ne pouvons nous empêcher d'y voir encore une trace de l'influence que la vie monastique exerçait sur ceux qui s'y vouaient , en diminuant en eux le sentiment des misères et des besoin» matériels de l'humanité , que voulut prévenir et consoler le Sauveur du monde.
Comment on entent:
« Ct MmitU nobb débita n00tra ^ eiott rt nos ïnmittàvms
^rbitoribue nodtns.
|N ceste péticion nous requérons nostre père du IGel, que il nos voille perdonner nos méfiais, aussi comment nous perdonnons à cens qui nous mefibnl au ont meffait. Dont nous disons ainsi :
« Biau Père , quitte nous nos debtes , comme nous quittons nos débiteurs » .
Nos debtes sont nos péchiés que nous avons accru saur nos âmes ; ce est le melleur gage del hostel. Dont, le pécheur, pour un seul péchié mortel qui sitost est fmssé» quant au délit ou quant au fait, est obligé à si grant usure, que il n'a povoir de finer: c'est à la paine d'enfer qui est sans fin.
Après, il en doit si grant amende à Dieu que il a courroucié, que il n'a povoir de paier. Quer, en toute sa vie, se il vivoit cent ans , ou plus, il ne pourroit mie faire la pénitance d'un seul péchié mortel , se Dieu vouloit user de droite justice; et, pour ce, convient recourre à la Court de miséricorde , et crier merci , et demander pardon. Or, par le droit de la Court de Justice, le pécheur
seroh jopé et ci w dap ii c à mort p g nIur aMf. Et pour et, Dostre boB Huâstre Diiimst nous ensogne à demamcfer pardon et qoittaDoe, quant noos prions noslre bon Père qui esl dons et dâwnnaBie, lar^et eoorlois» poor donner qu'A noos perdoinst nos meffiiis.
Mais, prras-le bien garde comment tu pries, quant tu dis « Perdonne^noBS nos méfiais, aussi comme nous perdomions à cens qui nous ontmeffait». Quer, se nous ne perdoonons à cens qui nous ont meffait, ne nous perdonrra nue les nos meffais, ^ conmie il meîsme dist en l'ETangile. Dont , ceG qui dit sa Patrenostre , et garde en son cuer aucune rancune, ou félonie, ou haine, il prie plus contre li , que pour li ; quer il prie à Dieu que il ne K perdoinst mie, quant il dist «aussi comme je perdonne». Et pour ce, toutes les fois que tu dis ta Pûtrenostre devant Dieu qui voit ton cuer, tu dois perdonner ton mautalent , et geter de ton cuer toute ire et toute hayne et rancune ; autrement , ta prière est phis contre toi, que pour toi.
Se il te samMe forte chose et griève à geter de ton cuer toute ire et perdonner ton mautalent à ceus qui te béent , ou qui mal te veulent , ou qui t*ont meffait ou mesdit : pense que Dieu perdonna sa mort à ceus qui le crucifièrent, pour donner toi exaraple de perdonner à ceux qui Vont meffait; et plus encore, de bien faire leur, se ils ont mestier de toi ; et plus encore , de prier pour eux que Dieu leur perdoinst. « Quer , si comme il disl en TEvangile , cel n'est mie grant chose , ne grant des-
serte vers Dieu , de bien faire à ceus qui bi^i nous font, ne d*amer ceus qui nos ament. Quer, ce font les paiens, et Sarrazins, et autres pécheurs». — . Mais, nous qui sonunes fils Dieu par foi , et par grâce , et sommes crestiens nommés de Ihucrist , et sommes hoirs avecques U des éritaiges de Paradis, devons perdonner Tun à l'autre. Devons amer nos anemis , c'est à dire les personnes, et prier pour eus , et bien faire leur, se il en ont mestier ; quer ainsi le commande il en l'Evangile. — .
Âdont , nous devons tant seulement hair les péchiés et amer les âmes qui sont faites à l'ymage nostre Sdgneur ; aussi comme un membre du cors aime et porte l'autre. Se l'un membre blèche l'autre par aventure, les autres ne se vengent mie pour ce. « Nous sommes tous un cors en Ihucrist » , si comme dist l'Âpostre. Et pour ce, nous devons amer li un l'autre, et nenne haïr et grever à tort l'un l'autre. Qui autrement le fait, il est homecide, et se dampne, si comme dist l'Escripture. Tel dist sa Patrenostre qu'il vaudrait miex qu'il se teust; quer il muet son juge contre li. En ceste prière que nous faison à Dieu , nous li requérons un don du St Esperit qui est apelé le DON DE SCIENCE qui fait homme estienteus. Cest Esperit li monstre qui il est, et en quel péril il est, et dont il vient, et où il va, et ce qu'il a fait, et combien il a accreu , et combien il doit. Et quant il voit que il n'a dont finer, adont le fait cet Esperit plourer et souspirer, et merci crier à Dieu et dire «Sire, perdonne moi mes debtes, ce sont mes péchiés, quer
je sui molt en debtes vers toi, et pour les maus que j'ai fais, et pour les biens que j*ai oubliés et laissiés à faire que je peusse et deusse avoir fait, et pour tes biens que tu m'as fais , et tes grans bontés que j'ai tous jours receues, dont j'ai mauvaisement usé, et t'ai mauvaisement servi. Et pour ce, Sire, que je n'ai de quoi faire paiement , perdonne-moi ce que je te doi » .
Quant cest Esperit si le enlumine , que il cognoist ses défautes, adont li fait geter hors de son cuer toute hayne et toute rancune, et tout perdonner son mautalent, se il en a. Et, se il n'en a point, il est en volenté et en propos de perdonner de cuer, se on li meffait. Adont, puet celi bien dire «Biau Père, perdonne nous nos meffais, aussi comme nous perdonnons à cens qui nous ont meffait. »
Comment on entent:
«Ct ite 1100 inlittraa in Umifiaciotum.
[SCHAUDÉS HAUE CHAUDE CRIENT ; et celi qui [est aucune fois cheu en péchié , quant li péchié li sont perdonnés, il en est plus humble et plus crénetieus ;
<i fkm à inat pMor de icmplMioB. Pcwt et, prie ed a ^ Din a SB neSaôs perdoMiés* queflle gutdensr <kâr. et dit aiatsî « £f ne «m «lAieac m Umfimciùmnm >. C<^ à Are «BttB très dons Père , ne ooas msiaeine
Lr D^3^Ar csa le leapCear; quer c'est le wmtatia de r^.c -À snt cm Toilel Dîea, despronvier les noimaitt cbr^^iaas. Et. se la tanplackoiie ftisIboBiie elproficaUr, Din ^ fait toai pov soetre prea« ne soufirist ja fv die ne Tcâsl. «Mais, comme dist St. Benait, • quaM id if iiplf «■ wmb martèle seu* le dos, il nom iarfr wb coutooms de fioire. Aussi cooime celi qui k kM die\^dicr fiert sos le dos ei frappe, li iorge son les clngloire*.
Le dêable à ce propremeDi temple Thoaime, que il le puisse esracfaier de 1 amour Dieu. Pour ce prie Sainct Pol ses desciples que il soient fundés comme tours, et racines comme arbres en charité, si que nule temptadon ne les pukl movoir ne croullcr. Pour ce en cesle pélicion nous demandons Taide de Dieu en nostre batalle , et le don de pitié. Cest une grâce qui arrouse le cuer , et le fait dous et piteus, et le fait tout raverdir et porter fruits, assez de bonnes eu vres par dehors , et , par dedens, fermer ses racines en la terre des vivans. Ce est aussi comme le bon ciment Sarrazinois que on ne puet desconfire ne à pic, ne à pierrière.
Quant nous disons donc utEine not induea$ in tempkbcumem^ , c*est à dire, « Biau Père, fai nos cuers fermes
et estables, que fl ne se mueyent pour nule temptadon qui lair viègne, par la grâce du don de pitié : Nous ne prion mie que nous ne soion temples; quer ce seroit foie prière et honteuse. Aussi come le fils au prudome qui seroit nouviaus chevalia^ U priait : « Biau père , je vous pri que tous me gardes et déportés que je ne voise ja mais ne au poigneis^, ne au tournoiement».
rtoos voulons hmi estre temptés ; quer c'est nosire prou en molt de manières; quer nos en sommes plus hund)les , et plus cràieteus , et plus saiges en toutes manières; et plus preus, et plus esprouvés.
« Quer, si comme dist Salemon, qm n*a esté tonpté, il ne puet riens savoir à droit, fors aussi comme on set la bataDe de Troies par olr dire» . Qua* il ne puet H mdsme cognoistre ne Taifenneté , ne la force à ses anemis , ne leur soutileté ; ne comme Dieu est loial au besoing à ses amis aidier; ne de queus périls, ne de qneus péchiés il Ta souvent gardé. Et pour toutes ces raisons, il ne sara ja adroit IMeu amer, ne li regrader de ses biens , se i n'est tempté.
* Paigneiê. Combat, siège, atMut, duel (pogna). Pogna, Râlien.
Comnunt on entent:
« fàti libnra nm a mala^ 2mtn ».
[AiNGT Augustin dit que «tous les autres vices nous ;font ou le mal faire, ou les biens laissier à faire». Mais tous les biens que on a fais, et tous les biens que on a conquis, oi^d bée à destruire et à toUr. Et pour ce, quant Dieu a donné à home ce qu'il li a requis en ces six pétidons devant dites, adont privés est il mestier, à certes, que il le délivre du mauvais et de ses eng^ens. Et pour ce vient en derrenier ceste pétition , comme Tarrière garde , qui dit ainsi : c Sed libéra nos a malo^ Amen». C'est à dire: Beau Père, délivre nos du mauvais et de ses engiens, (c'est du déable et de ses engiens,) que nous ne perdons par oi^uel les biens que tu nos as donnés » .
En ceste péticion nous li prion que il nous doinst le don de SAINTE PAOUR , par quoi nous soions délivré du mauvais et de tout autre mal ; ce est de tous périls et de tous péchiés en cest siècle et en l'autre.
« Ainsi soit-il comme nos avons dit » ce veut dire cest mot Amen.