CHEMINS DE FER DE LOUE>T
PARIS A LONDRES
l'AB \.\ (.\RE SAiNT-LAZAHE
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Départ do Paris-Saini- Lazare : 9 h. 1/2 du matin et '.) Ii. du soir.
l'rix lies liillol.s : Billets simples, valables jiiMiilant "JDurt:: f'ciasse, 43 fr. i."»; 2' clas.se. lil fr.; ;i' clas.«ic, i;i fr. '2."..
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d'5trLbui^e< le le!ideiiia;n matin à Lonires.
CHEMINS DE FER DU NORD
Ser\ icesdirectsentre Parisetla Hollande Trajet en 10 h. !/2.
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Dcp.irts »l Amslcrdun, :'i 7 li . 20 du matin, midi .lu l'i 5 II. .{5 (lu soir.
Départs ilL'trecht à 7 h. 5S ilu malin, 1 h. Il et r> h. 14 (lu .M)ir.
CHEMINS DE KER DE PARIS A LYON ET A I.A MÉDITERRANÉE
\'i>)'ages li itincraires facultatifs
de FRANCE en ALGÉRIE et en TUNISIE (ou vtce versa).
La Compagnie délivre, pendant toute l'année, des billets de toutes classes l'i prix réduits, pour etrcctuer des vovai;<. uit comporter des parcours sur les . les sept grands réseaux iVanif-.is, sur les h^^nes algériennes et tunisiennes, et <i!r les lignes miiiitinios desservies par l.i ( ie G<incr.ile rransatlantii^ue. Les itm lic ces voyages sont établis au jjrii des voyageurs, ils doivent comporter, en mcine temps que des parcours français, soit des parcours maritimes, soit des parcours maritimes et iilgériens ou tunisiens; les p^ucours sur les réseaux français doivent être de 3oo kilomètres au moins ou être comptes pour 3oo kilomctres.
Les vovages doivent ramener les voyageurs ù leur pomt de départ.
I j/iji/e ; <»o jours avec faculté de proloncation. — Arrêts facultatifs à toutes les gares du parcours.
Exemple d'un de ces v>' art de
Paris : Paris. Dijon, l.yoi - I unis,
Duvivier, Kroulis, ll.itn.i. ! ;.i,
Constantinc, .M^er, Oran. i ^ s,
Clermont-Fcrrand, Nevcrs, Pans.
Durée du voyage : no jojrs. — i" classe, 41.1 fr. hb: 2' classe,' 3ii fr. 35; 3' classe. 2 l'i fr. r."».
VIN COCA MARIANI
Rrconstitue les Force»
Ph ■ B HauBBniann M
l.rfiet.}„t : A.-l . | ()K I IN.
tt&~Atii. "vRo — 'VI HiuitAu tuAHLii* nLor, RVK nur»
ii« Année — N" lo (3ni« série). PRIX : lo centimes.
i5 Août 1895.
PARAISSANT TRP:S RÉGULIÈREMENT LE QUINZE DE CHAQUE MOIS. Paris, UN an : 3 fr. Bureaux : Boulevard Rochechouart, 84, au Cabaret du Mirliton. Départ, un an : b tr. Directeur : Aristide BRUANT — Secrétaire : Fabrice LÉMON
si, boulevard Kochechouart
rue d'En(.'liien.
La librairie Dcntu ' i vient de mettre en vente un tort intéressant volume de notre confrère et ami Horace Valbcl, intitulé : Les Chansonniers et les Cabarets artistiques de Paris.
Jule'< Claretie. Armand Silvcstie. Arsène Alexandre. Bonnaud. tous les critiques ont annoncé en termes excellents ce volume, spirituellement illustré par Alfred Le Petit, le célèbre caricaturiste, et qui. du premier jour, s'est annoncé comme un des gro.i succès de Tannée.
D'un style clair. aj;réablc. les chansonniers sont monographies en ce volume qui abonde en anecdotes et qui, par son exactitude, restera un précieux et unique document du très réel mouvement artistique des cabarets d'art de notre époque où la chanson lient une place considérable et a Uuiuclle elle a droit.
Nous donnons en première page le portrait de Jules Jouy, dessine par Le Petit pour le volume d'Horace Valbcl. et nous reproduisons ci -dessous la biographie du chansonnier bien connu.
tt Jules Jouv, le maître chansonnier. dont le nom restera, s'est fait tout seul, avec un courage, une volonté, une persévérance que rien ne devait abattre. Ses origines furent des plus humbles et il eut à souffrir longtemps, ù lutter plus longtemps encore. Peu d'hommes eurent, dans la vie. des débuts plus pénibles, et il y aurait matière à tout un roman, si l'on voulait narrer par le détail les débuts du chansonnier que ni la faim, ni les privations de toutes sortes ne devaient détourner de la voie qu il s'était tracée.
« Jules Jouv est ne à Paris au mois d'avril i835. Il a débuté au Tintamarre, au vrai, ù l'ancien, avec Briolet, l'-ugène Simon. Touchatout. etc., etc. Oès cette époque il faisait partie de la I.ii;iie ('hansonnicre et était un amoureux fou du Caveau. Tout d'abord il lit le liire Gaulais, puis il se lant;a dans la chanson de caféconcert, et pendant quatre ou cinq années de suite il remporta le succès populaire lie l'année avec Der' iùre l'oninihii.^ : La l)if;iie, diftie, dnn : Gcst ta poire, et il n'est pas sans intérêt de faire remarquer, au sujet de cette ileniicrc chanson, que les boul.ingistes .se servirent précisément de l'ieuvrc de celui <.\u\ devait être le chansonnier antiboulangistc par excellence.
{i)LfsCh,insonnieri et les Cjhjrfit artistiques
0 Dans une note d'art plus relevée. Jouv, à cette époque, fit paraître I.a Terre: Les Enfants et les Mères, deux des gros succès de Thércsa. Comme chansonnier politique dune verve intarissable, il inaugura, au Cri du Peuple, la chanson quotidienne délaissée depuis près de cinquante ans et a laquelle tant d'autres se sont essayés depuis.
1 Jouy fut mordant, cruel même quelquefois, mais il voyait juste souvent et 1 un des premiers il avait bien prévu le /iùVjj^'f de tous les fidèles du malheureux général Boulanger, abandonné de tous, ou mieux de presque tous.
« Jules Jouy faisait partie des Hydropathes. avec Kmile Goudcau. Grenet-Dancourt. Galipaux. .\lac-Nab. Alphonse .Mlais. Harrv-.\lis. si malheureusement tué en duel, tout récemment. Lcloir, de la Comédie-Fransaise; Jean Moréas. Brémont. Lebargy. Charles Cros. Kdmond Haraucoun. Uollinat. sans compter ceux que l'on nommait les vieux. Fran»,-ois Coppée, Claretie, etc.. et qui . en dépit de leur auréole littéraire, ècopaient quelquefois en cette bruvantc assemblée.
•I Kmile Goudeau présidait à la réunion de tous les jeunes littérateurs, dans une brasserie située alors au coin de la rue Victor-Cousin et de la rue Cujas. C'est là que se fondèrent les Hydropathcs et par conséquent le Chat Xnir, qui en lut la conséquence. Jouy fut un des fondateurs du C/utr .\<>ir et dans le premier numéro du journal, introuvable aujourd'hui, il fit paraître une première chanson. Les (îrev)\ qui se chantait alors au piano, plus de cinquante fois par soirée, sur l'air des llidard.
.Monsieur (irévy n'iivaît qu'un billard,
Kicn qu'un billard,
Ud seul billard ; Riche aujourd'hui comme un boyard.
Comme un boyard,
l'n vrai boyard.
Il va — quel bitnhcur est le n>">trc ! l'ouvoir s'en acheter un autre.
Des gens ravis, C'est le pcre (îrcvy, C'est la mère Grcvv.
Grevy fils, (ircvy fille ; (Chaque membre dé la famille
A son grc vît
Chez les (îrcvy.
" Cette chanson où tous les membres de la famille Grew étaient passés en revue, oh! pas bien méchamment, eut le don d'exaspérer M. Wilson, qui fit vivement critiquer Jouv, par un de ses amis, dans
VEvéneinent, à cause d'un couplet relatif au jeune \\'ilson qui venait seulement de naître et dont le chansonnier n'avait pas dit bien grand mal.
• En dehors de sa collaboration au Cri du Peuple, au Parti ouvrier, au Paris, au Figaro et au Rire que dirige si spirituellement Arsène Alexandre, Jouy a fait paraître deux volumes de chansons : Les Chansons de l'Année, couverture de \\"i\- \ene.ciChansonsde Ilataille Flammarion); puis La Muse à Bébé, chansons pour les enfants, dédiées aux grandes personnes; La Chanson des Joujoux (Engel .avec musique des compositeurs Léopold Dauphin et Claudius Blanc.
« Il a fait représenter au Chat Xoir.
avec dessins de J. Depàquit. Le Rêve de Zula, qu'il interprétait lui-même. Aujourd'hui, il fait partie des soirées du Chien Noir et dirige la partie artistique avec bon nombre de chansonniers connus : P. Delmct, Hvspa, Marcel Lefèvre. etc.; au Concert des Décadents, ou il se propose d'offrir, l'hiver prochain, un spectacle sensationnel. Au Chat Noir, les disputes de J. Jouy et de George Auriol. au demeurant les deux meilleurs amis, sont restées célèbres. C'est également au Chat Noir que Jouy connut Achille Laviarde. plus connu sous le nom d'.Vchille I". roi d'.\raucanie. qui amena les Araucans au Chat Noir et pour lequel Jouv composa un chant national avec musique de Thony. Achille l'.en remerciement, nomma Jouv chevalier de la Couronne d'acier d'.\raucanie. devant le comptoir de la Civette, au coin de la rue Rochechouart et de la place du Delta.
« Pour célébrer cette distinction, Jouv, de son air le plus digne, interpellant le pseudo-roi, lui dit : « Qu'est-ce que vous prenez. Sire... C'est-y du broc ou de la bouteille.- » et le chevalier et le toi de trinquer sans le moindre cérémonial.
• Jules Jouy eut aussi un duel, avec un écrivain qu'il avait assez vivement critiqué. Il se battit à la frontière belge, se réconcilia avec son adversaire qui, faisant allusion à l'une de ses chansons et à leur pâleur réciproque, lui tendit la main en disant : " Nous ressemblons à GamahutI »
u Je m'arrête, non qu'il n'y ait plus rien à dire encore de Jouy. mais parce que je dois forcément me limiter et. pour finir, je citerai encore cette anecdote que Jouv me racontait un jour, encore tout secoué de rire :
■< Jouy, Léopold de Wenzel et mettons... M. X.... l'un des auteurs célèbres au
café-concert, conversaient de choses et d'autres. .\1 . X..., parlant art, dit tout à coup :
« — A propos, de qui donc est le groupe de Carpeaux. à l'Opéra -
« — De Jean Goujon ?
« — Ah ! que je suis bète ! Jean Goujon vivait sous Louis-Philippe !
€ Jouy et de Wenzel étaient très gênés, on le conçoit.
a — Et voilà, me disait Jouv en terminant, voilà pourtant ce que valent la plupart des auteurs bizarres qui fournissent le café-concert. »
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