‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 115 sur 243 · PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHE

Va, mon vieux, va comme /'te pousse, A gauche, à d'oite, va, ça fait rien. Va, pierr' qui roule am >ss' pas mousse, fm'appelV pas Pnrr', et je l'sais bien Quand /"étais p'tit. /"m'app'/ais Emile, A présent on m'appelle Eloi; Va. mon vieux, va, n'te fais pas d'bile, T'es dans la ru' , va, t'es che; toi.

Va, mon vieux, potiss' toi dla ballade En attendant V jour d'au/ord'hui.

Va doue, ya qu'quand on est malade Qu'on a besoin d'pioncer la nuit.

Tu t'portes bien, toi, t'as d'ia chaîne, Tu flous d'ia chaud, tut' fous d'ia foid Va, mon vieux, fais pas d rouspétance.

T'es dans la ru', va, t'es che; t >i.

De quoi don, .'... ou dirait d'un merle, Ej' viens d entendriin coup </' sifflet !... Mais non, c'est moi que f lâche un' perle. Sorte; donc. Monsieur, s'i' vous pi. i if. . Ah ! mince, ou prend des airs de fia te. On s'règal' d'un p'tit quant-à-soi..

Va, mou vieux, pcf dans ta culbute.

T'es dans ta ru', va, t'es che; fui.

D'abord t /'comprends pas qu'on s' gêne,

Ej'suis ami d'ia liberté .

Ej 'fats pas ma Sophi', mon Ugèiie,

Quand ejpète, ej' dis : j'ai pété.

Et pis nous somin's en Republique,

On n'est p' us su' /'pave du roi;

Va, va, mou vieux, va pouss'ta chique.

T',s dans la ru', va. t'es che\ toi.

Aristide Bruant.

Dieu* (liûutcïi

D'ane terrible et borritiqae puictée de Noël.

Les enfançons joyeulx soient en alloicnt par les rues avec leurs brandons allumés, cryans

comme ils sont accoutumés le faire en ce temps» de liesse ! « Au gai Noël ! Oh! gai ! Au gué Nel ! au tfné ! »

Or, il y avoit dans le paîs une Ame en peine qui estoit triste et navrée comme jamais ne fust triste ne navrée l'âme en peine la plus triste et la plus navrée qui- v.us avez oneques pu cognoitre. Tristesse comme bien vous sçavez est taicte de même étoffe que lalousie et Meschanceté. là l'Ame en peine que je vous dis estoit meschante et jalouse comme pas une. Adoncques se pourmenant par l'ait elle \ist et entendit les enfançons qui en prenoient à leur aise par toutes les rues de toutes les villes de la chrétienté.

(,'à, ça. fist l'âme en peine toute verte de mal raige. (,'.<, qu'est cecy, galeux! p< Ah ! vous voulez respirer quand je suis poitrinaire Ah ! vous voulez brailler quand je ne puis parler. Bien, bien, nous verrons, jeunesse et beauté nous verrons, je vous veulx débarrasser de tout cela.

Et se frottant les mains avec un craquillementde brin bois mort, la maulvoise

âme en peine soy alla cacher au creux d'un vieil chêne à demi bruslé par le feu du ciel.

Quand fu>t passé le temps de minuit de plus de deux grandes heures, l'Ame en peine, de son vol lourd s'en fust par tous p. us, penetrans es demeures et maisons de tout ung chascun qui avoit un enfançon et quand elle estoit la, incontinent elle sejectoil sur le lict du paouvret et collans ses lèvres sur la bouche du petist lai suçoit l'haleine de vie iusques a que il soy pâma mort.

C'est ainsy que en l'An du Christ mil et des cents il y eust par loul le monde et particulièrement en France grand manque d'en pource que nombre des paouvrets feurent neuves mort l'endem lin d<- No il.

Hortl s.

VIEXT DE PARAITRE

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