‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 116 sur 243 · CANDEUR · texte numérisé non relu

CANDEUR

Les éternels Elle et Lui.

Lui, poète; Elle, àme poétique.

Lui, le visage pale, glabre et inquiétant, avec ce regard brumeux, pluvieux et chassieux des poètes élégiaques ; plus, chauve comme souris.

Elle, une véritable Opliélie, avec ses yeux bleus, un peu botes, et sa double rangée de dents impeccablement blanches, bordée de Lèvres délicieusement roses : de la neige qui aurait ses affaires comme on dit à la Bourse.

Ils se promènent dans un bois, la main dans la main, les deux anges ! Ils se jurent l'un à l'autre (jour la on ne sait combien de fois, un éternel amour, et ils sont bien heureux, bien heureux, bien heureux, caries Montaigu et les Capulet de ces Roméo et Juliette ont consenti à leur union céleste, mais légale.

lu ils échangent leurs sentiments poétiques en alexandrins, car ils font des vers comme M. Jourdain faisait de la prose

Ht l'imagination canaille de Romeo escompte les secrètes beautés du corps de Juliette ; car. jusqu'ici, il ne l'a déshabillé que du regard, et encore du regard brumeux, pluvieux, et chassieux du poète élégiaque

Soudain, dans l'étroite sente (sente est le mot du bois, le poète a froncé le sourcil gauche :

Diahle lait Lui, cela sent une odeur étrange Mais Elle, angélique:

Etrange, mon ami ; Mais non, ça sent la...

Mange

répond le poète... pour la rime.

Gabriel Georges.

Page 1