UN CAS DIFFICILE
lorchalouette, sergent maître d'armes, se rend auprès du colonel Kamullot — le père ^u régiment. — afin d'obtenir pour deux "-°mmes de la 2' du 3 l'autorisation de se battre en duel.
— Mon colonel, je me...
— Hein ! quoi ! c'qui a encore, s'eron-
gnieugnieu '. c'que vous d'mandez, Torchalouelle '.
— Mon colonel, ce... ce une permission pour deux hommes de la...
— Quoi permission! permission, n... de D... ! toujours la même chose, peuvent pas la d'mander eux-mêmes ?
— Ce... ce une permission de se battre, mon colonel.
— Se... se battre ! Ah ! f... c'qui y a d'nouveau. s'erongnieugnieu ! Voyons. Vs'expliqu'rez-vous à la fin, d'puisune heure que vous êtes là à m'embèter avec c't'histoire !
— Ce... ce deux hommes qui ne sont pas d'accord pour... comme qui dirait un pari.
— N's'entendent pas, c t'èvident, l'pense bien. s'crongnieugnie\i, c'que vous m'f... là, Torchalouette, c'que vous m'prenez pour une tourte ? Comment s'appellent ces deux hommes ?
— Frisquet et Mitron.
— Bien, et pour lors, c'qui s'est passé .'
— Eh bien! mon colonel, Frisquet af...
une giff e...
— Tachez moyen d'vous espliquer avec tout le.,, tout ça... d'autres expressions, s'erongnieugnieu !
— Frisquet a donné une... calotte à...
— Bon, \'là maint'nant qu'c'est une calotte, c't'à l'heure c'était une giff e, quel des deux ?
— Je... je sais pas au juste, mon colonel, mais enfin y a f... un pain, quoi.
— Bon via qu'c'est un pain! Mais, bon Dieu, s'pliquez-vous donc, Torchalouette!
n'en finirons jamais.
— Oui. mon colonel, pour lors, il lui a...
— F... un pain, bon, pourquoi ça '
— Parce que Frisquet prétend avoir gagné un pari que Mitron y veut pas se... se succomber de payer.
— Pourquoi n'vêut-y Mitron l
— Parce qui prétend gagné, mon colonel.
— Eh bien ! pour lors il a raison, s'erongnieugnieu ! Friquet aussi, c't-à-dire.. enfin, je m'en f... ! C'que c'était que c'pari dont vous m'embêtez d'puis une heure'
— Mon... mon colonel, c'est Frisquet qui s'avait intitulé de dire à Mitron : Jte parie qu'quand y a deux ch'vaux d'couleur différente à un fiacre, c'est çui de gauche qui ne ressemble pas à çui d'droite.
— Ct'évident, s'erongnieugnieu ! Frisquet a raison, et pour lors '.
— Pour lors, mon colonel, y z'ont été voir à l'estation. et Mitron il a prouve à Frisquet que c'était celui de droite qui ressemblait pas à çui de gauche.
— Ct'évident. s'erongnieugnieu. Mitron a raison, et pour lors f
— Sèlèment Frisquet il a prouvé aussi que c'était celui de gauche qui ressemblait pas à...
— Çui d'droite, c't'évident. Frisquet a... voyons, voyons s'erongnieugnieu ' Signifie ! leouel qui" n'ressemble pas à l'autre décidément (
— Mais... je. ..je né sais pas. mon colonel !
— C'ment ça n... de D... vous. Torchalouette, sous-s'ticier, vous n'pouvez pas m'dire ça ! mais quel est donc 1 cochon qui vous a fait nommer servent <
pas payer, c sacré que c'est lui qu'a
— C'est vous, mon colonel.
— Hein! comment n... de D.., v'ià qu'vous m'traitez d'eochon maint'nant!
— Mon colonel, je...
— M'coupez pas. s'eron^nieug-nieu '. s*péce de tourte ! v's'avez d'ia chance que j'suis le
Eère du régiment, sans ça j'vous f... d'dans, .. de m'ion ! tendez-vous c'que j'vous parle?
— Oui, mon... mon colonel.
— Et... comment d-taient-ils ces deux chevaux ?
— Il y en avait un brun et un blanc.
— Bon! eh bien, on l'dit, n... de D... ! Pour lors, Frisquet trouvait que le... lequel qui trouvait qui n'était pas pareil à 1 autre ?
— Y... y disait que lé blanc il était pas...
— Brun, c't'évident, et... où était-y le blanc, à gauche ou à droite.
— A gauche, mon colonel.
— Bon ! eh bien, fectivement, çui de gauche ne r'semblait pas à çui d'droite, c'pas malin ; c'ment, n... de D... ! v'n'avez pas donné raison à Frisquet?
— Mon colonel, c'est que dé son côté, Mitron y dit que le brun qu'était à droite, y ressemblait pas au blanc qu'était...
— A gauche, c't'évident. Mitron a rai..., voyons, voyons s'erongnieugnieu, n'}' comprend plus rien : v's'avez une façon tellement estupide de vous espliquer qu'ma p'role d'honneur, n'sais plus c'que vous m'avez dit. Tachez moyen a'vous faire comprendre, Torchalouettc, sans ça n'en sortirons jamais.
Quel est çui pour vous qui a raison des deux?
— Mais... mon colonel, je... je sais vraiment pas.
— Eh bien! moi non plus. n... dcD...!
s'ment comme j'n'ai pas envie de lchercher,
vous viendrez me l'dire quand vous aurez trouvé.
Et Torchalouette, sergent maître d'armes, sortit de chez le colonel en murmurant : « Ah ça ! voyons, sacornom dé nom ! e'est-y le blanc ou bien que ça serait-y le brun qu'est pas pareil à Vautre ? »
Il mourut sans avoir trouve.
Charles Leroy.