LE CABARET DI JIIULITUN
L'ELYSÉE" MONTMARTRE
Ce plu» clioui-lte bal de Parla
-•=?-= fcri-**e— ;-=-=r-f*
CABOCHONS PARISIENS
Pointe-Sèche
Le matin avait mis dans le fond des rues désertes, des tons violets, d'un violet tendre et bleuissant. Les passants encore'rares, le collet relevé, filaient très-vite. Mais elle, — insouciante, vêtue d'une robe de couleur douteuse, usée en ses plis jaunâtres, et dont le relâchement de la ceinture laissait flotter sa gorge Masque énorme, pendante — était impassiblement assise sur des sacs d'ordures ramassées la nuitle long dés ruisseaux, contemplant envieusement l'alignée d'hôtels et de maisons riches du boulevard Haussmann. Tout en dévorant un croût'on, sa vieille face de chiffonnière s'éclairait d'un vague sourire et, dans son œil gris trèscreux, luisait ce regard aigu et encore amoureux que conserve — jusqu'en ses vieux ans, — l'Ancienne qui a eu des malheurs. Car malgré son visage ravagé et strié de rides trèsfortes; malgré ses pommettes saillantes, é\ idées, où rougeoyait encore une tache rose que l'alcool avait foncée d'avantage; malgré sa bouchi
baveuse et tremblotante: malgré enfin son grand cou décharné où des fanons g unie
des cordes, saillaient, elle avait dû être étrangement belle, l'infecte femelle! Dans la façon coquette dont sa marmotte était mise, dans le lissement soigné de ses cheveux gris et gras, on devinait les revenez-v savoureux des anciens baisers, le goût énervant de la chose sal-, le plaisir, toujours vivace, de lâcher le mol obscène qui trappe le curieux, qui épate le ba laud. Or, t ut ce qui hante ces vieilles cab ■ ches, ces vieux spectres, reines d'antan cHc qui le spasme doit ressembler au cii de douleur, me semble être un délire hystérique qui s'éteint comme une flamme dernière fallottant dans une
lanterne \ idée.
Et, en voyant ce hideux débris de l'humaine nature, je songeai à cette mégère que Gavarni,
d mis une de ses lithographies, campa sur une borne et qui dit, OU à peu près : Les ]
mou temps m'ont couronnée de roses... Aujourd'hui !... pas l'sou pour acheter mon tabac...
Henri LfcTOURNEUR.
Le Gérant : A. Bruant.
Coopération typojrriphio*ue, iss ><iv.' iy, Cli. Dumonl
Première Année. — N° 5. Prix : 10 centimes.
1" Décembre 1885.
Un an : 3 francs
Bureaux : Boulevard Rochechouart, 84. au cabaret du « Mirliton
Un an : 3 franc3
Rédacteur en chef:
Camille de Sainte-Croix
Directeur :
ARISTIDE BRUANT
Secrétaire de la Rédaction Henri Letourneur.
Dessin de STEINLEN
Serrez VOS rangs ! {Voir la chanson à la page S
TABLEU DIIOWEIR Dt
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M. CORNET, à Paris, pour la Vieille Blague n" 2. M. QUÉBEC, à Vire, pour la Vieille Chanson
« Avccque mes sabots »
CONTES SECS