SÉRÉNADE A M. DE PARIS
Tes aïeux s'appelaient Sanson, Et quand ils célébraient leurs fêtes, Les sapins fournissaient du son Et Pans fournissait des têtes.
Or, c'est tajête, monseigneur.
Et le chant que je te destine Je veux le chanter en l'honneur De Madame la Guillotine.
Et ;on et ;on et %on Ecoute la chanson De la Saint-Sanson.
Vois ces peupliers de cent ans Que le vent fait fléchir en pente!
Ne dirait-on pas les montants De la fratricide charpente?
Là-haut, la lune, en faction, Te sourit, nouvel Aristide, Comme la ronde section D'une béante carotide!
Et ;on et ^on et ^on Ecoute la chanson De la Saint-Sanson!
Je t'offre les fleurs des sillons Et non pas les fleurs des parterres, Des coquelicots ce vermillons u Comme des cascades d'artères!
Du sang frais de décapité Remplacera le vin du bouge; Et nous boirons à la sanié De la grande Justice rouge!
Et ;on et ^on et %on Ecou'.e la chanson De li Saint-Sanson'.
René ESSE.