‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 240 sur 243 · L'ASSISTANCE · texte numérisé non relu

L'ASSISTANCE

(Suite.)

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A Saint-Lazare, le Bel-Ernest remit son panier aux soins de sa commissionnaire habituelle. Mimile tint à payer lui même le pourboire d'usage.

— Laisse donc ! garde donc ton pognon ! T'en as pas trop pour toi.

— Tu sais, je te rendrai tout ça.

— Mais z'oui ! mais z'oui ! Va donc, vieux lapin !

Bras dessus, br<.s dessous, tout baguenaudant, les deux amis descendirent à la Maub ée, où logeait Mimile.

— Bon>oir, Moucheron ! Je t'amène quelqu'un, c'pauv'Einess qu'est à la belle depuis que sa femme est faite. Tu vas meitre un couvert et tirer un matelas.

La Moucheron, une grande brune de trente-deux ans, aux traits accusés, à la mine dure, se campa toute droite au milieu de la chambre, les poings sur les h.nches.

— Dis donc! Depuis quand que c'est l'Hospitalité de nuit ici ! Ah ! non, tu sais, j'en ai assez d'un à nourrir.

— Ma petite Moucheron...

— Y a pas de ma petite Moucheron !

l'en ai assez de ce truc-là' Je veux bien être bonne fille, mais je veux pas qu'on abuse.

Le Bel-F.rnest fit deux pas vers la porte.

— Du moment que je gêne...

— Parfaitement que vous gênez... Je suis pas l'Assistance publique. Via de la soupe, j'aimerais mieux crever que de la faire mange-r par les autres... Comme si j'en avais trop de l'argent... pour en jeter par les fenêtres...

Et comme Mimile, horriblement vexé, faisait un geste de menace :

— Et puis, toi, crâne pas ! ou je te vas foutre à la porte, tu vas voir si ça va traîner... Y a déjà longtemps, du reste, que je m'aperç"is...

— Que tu t'aperçois de quoi ?

— Je me comprends, ça suffit! Avec moi ça prend pa-s, je veux tout ou rien! Avec tous tes sales défauts, je t'ai toléré, eh ben ! c'est fini ! D'ailleurs c'est une occasion ! Tu peux en aller chercher une autre, si tu veux, je m'en fous... tu sais, des autres, que tu pelotes dans les coins, quand je suis pas là... C'est que je sais tout moi... Je suis ici dans mes bois... Si je te donne à briffer, c'est que je veux bien... Mais donner à briffer aux autres... merde !

( 1 ) Extrait de La lulle pour Fjmour par Oscar Mélénier, 1 volume en préparation chez Charpentier, éditeur.

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Et furieuse, la Moucheron se mit à arpenter la chambre, renversant les chaises, bousculant les ustensiles de cuisine, fourgonnant avec rage le feu devant lequel bouillait un pot-au-feu.

Mimile ne broncha pas. Il se retourna vers son camarade :

— Lis donc, F.rnesse, j'ai pas rien à fumer, va donc m'acheter un paquet de perlot.

Il lui mit dix sous dans la main et tout bas :

— Dans une heure !

Le Bel-Ernest sortit, puis tout flânant, il remonta jusqu'au square des Arts-et- Métiers, par le boulevard Sébastopol. II était tout pensif, un peu inquiet de la réception.

Une heure après, il revint rue Maubuée et toqua timidement à la porte.

— Entrez, cria une voix joyeuse à l'intérieur.

Il ouvrit et resta sur le seuil hésitant. La Moucheron courut au-devant de lui et lui saisit les mains.

— Mais entre donc, Nenesse ! T'es ici chez toi ! Tu sais, faut pas faire attention... Comme dit Mimile, quand il y en a pour deux, y en a toujours pour trois, l'as vrai, Mimile ! Pas vrai qu'il faut s'entr'aider ?

Et elle se jeta au cou de Mimile qui, les yeux demi-clos, et lissait la moustache, les les chenets.

— Que que je te disais, Ernesse, que Moucheron serait trop contente de te recevoir !

Le Bel-Ernest jeta autour de lui un regard étonné. Une belle nappe blanche recouvrait la table sur laquelle, entre trois couverts, fumait dans une large soupière, une odorante soupe aux choux.

— Et puis tu sais, ce soir, on t'étendra un matelas par terre, continua la Moucheron, les yeux brillants, en désignant le lit défait dans un coin de la chambre.

Mimile eut un rire silencieux.

Le Bel-Ernest comprit.

— Merci bien, fit-il, mâme Moucheron!

Tiens, poteau, v'ià ton perlot !

Et tous trois se mirent à table.

Oscar Méténier.

POUR PORTKR UNE COURONNE

A LA TOMBE d'ANDRÉ GILL

Le 2 Novembre iSço

Reste de la Souscription de l'année dernière 3't 80

Aristide Bruant 5 »

Daniel Cox 1 »

Trois photographes I 50

Un écumeur de la mer 1 50

Lisbonne

l'air souriant, pieds posés

Max.

Didier

Les Humbles . . . .

Un Anonyme . . . .

Un Suédois

Un Russe

Wilson d'Asnières. . .

Louis Breton .

Jacques Prolo ....

Pinçon

Giiëlan Lefévre . . . .

Barse

Blédor

Un Noble

Lucien J

FiMncelli . . . ■ .

D' Jorget

Sommer (serrurier) . .

Gustave Fouju ....

Henri Broutin ....

Fr.uicelli

Max li;i|iin

Une artiste

Darlay

Un client

Fraacelli

A. Cliapaud

Franceili

Mi rie Michel et son gros Georges lluelle. . . .

N'importe qui ....

Focquenoy

Henriette de Sclilestadt .

Félix liessou

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