FARCE DE RAPIN
à André HERON.
En liant de l'échafaudage, dans l'église, Maurice et Pierre peignent des fonds pour les fresques de leur maître, l'illustre César Montois.
On cause des gaietés du quartier Pigalle, des amours de brasseries, des camarades heureux en femmes.
— Vois-tu toujours la petite Marthe ? dit Maurice.
— Non ! . . . tu l'aimais ?
— Peuh ! . . . un fourneau comme les autres ! Elle m'a lâché. . . Du reste. . . pour ce que j'en pinçais !
Un craquement . . . l'échafaudage oscille. Quelques planches se détachent et roulent avec fracas dans l'Église. . . Les deux artistes pâlissent et se regardent. La traverse sur laquelle ils sont, debout, palettes aux doigts, vient de se fendre, n'étant plus bien soutenue.
En bas, des gens d'église se sont précipités. . . Bedeau, suisse, ouvriers, fidèles font une masse noire. On dresse des échelles.
La planche fléchit sous le double poids.
Une minute encore et le sauvetage sera possible. Mais il faut une minute, et la planche ne durera pas jusqu'à la.
Ah ! . . . si elle était soulagée d'un des deux hommes ! . . .
Ils se fixent étrangement.
Soudain Pierre a une idée . . .
— Tu sais, cette petite Marthe dont tu te fous?
— Eh bien ?
— Elle est morte ce matin à la Maternité . . . Maurice pousse un cri, étend les bras et tombe
à la renverse. Son corps s'écrase sur les dalles. Mais la planche est allégée . . . Elle s'est redressée. On a eu le temps d'arriver jusqu'à Pierre : Il est sauvé.
Camille de SAINTE-CROIX.
[km (Sotte
Pour qaoy ^/Vlessire S'-Nicliolas ne feast poinct repçea en la porte da Paradis lé ioar de Noël et de ce qai ensaitit.
Or le temps du resveiglion estoit prouche et Messire Noël songiait à porter sur notre paouvre terre les cadeaux et présents qu'il est accoutumé de faire. Ains le bon vieil en allant par
mons et par vaulx en la célestiale campaigne avoit oublié de mestre foin en ses esclauts et de ce il print un gros rheume.
Las ! Comment faire, si feist-il venir Messire S'-Nicholas et luy dist-il: Or ça mon amy pour ce que tu es accoutumé à te pourmener par la terre des humains, veulx-tu cependant que ie suis mal en poinct porter pour moy mes caldeaux de Noël. — iatnais, feist S'-Nicholas, iamais rien ne te refuserai-je donne moy tout ce que tu veulx aux mnrtels présenter et ie te promets de les porter exactement.
Monsieur Noël feist un petit bruit avec un timbre crvstallin, faict d'un petit bout d'éstoile et tost vindrent deulx angelots pour cognoistre sa volunté. Et il leur ordonna d'apporter incontinent tous les bonbons et jouets et présents qu'il avoit préparé et en toussant horrificquement il les congédia.
Monsieur S'-Nicholas s'enchargia de tout, ej s'en feust emmy les nuaiges, devers la terre. Il y mettoit de la bonne humeur le bon sainct, mais ce qui le genoist surtout estoit un petit piot en lequel Monsieur Noël avoit enfermé avec force recommandations, une chanson aux aësles d'or pour son bon amy Bruant cabarettier au païs de Montmartre. La pauvrette enfermée dans l'ethéresque boëte battoit du bec et faisoit moult assaults pour soy envoler et perdre en le bleu du ciel. Par mes enfançonnets dist S'-Nicholas ie te vas viste porter à Bruant, que tu me laisse la paix et dare dare il s'en feust à Montmartre au cabaret du Merliton.
Ah ben toy-! et ta carte? clama Bruant en le veiant.
— Poinct n'ai-je besoing de carte reprint S'- Nicholas pour ce que ie suis un habitant des célestiales voustes et te viens apporter un présent de Monsieur Noël.
Bien, bien. Alors quoi? reprint Bruant, un caldcau ? on le dist ! fais le veoir ? Et S'- Nicholas lui remist la boëte et la chanson qui incontinent, oiset Je paradis, soy alla percher sur le Merliton d'or de la fée Aristidianinette. — Oh! Oh! feist Bruant qu'est cecy me semble que cettuy est un gonse rigolo. Ça Maxime foutez-nous ici deux galopins d'honneur à la santé de Messire Nicholas !
Et tant en prindrent-ils que vers la deuxième heure matutinale Messire S'-Nicholas estoit saoul et ne voulloit plus soy en aller.
Ce pourtant Bruant le mist dehors poureeque les gens du guet veilloient près de sa porte et mon Messire S'-Nicholas s'en fust se perdre emmy le brouillard et les marlous sus le boullevart que l'on vocite Rochechouart.
Là, il lui est arrivé moult adventures que bien ie sçay et vous diray une aultre fois.
HORTUS
« "Vieilles Chansons
-jE:-i*x:E:i>nr
Nous voici a Pâques ... .
Au joli printemps Au joli printemps Si joli-joli Au joli printemps Si joli-e-ment.
Où la violette
Fleurit dans les champs
Fleurit dans les champs Si joli-joli
Fleurit dans les champs Si joli-e-ment.
( bis
En entrant en danse J'ai Fait un amant
J'ai fait un amant
Si joli -joli
J'ai fait un amant
Si joii-e-ment .
En sortant de danse M'a fait un présent
M 'a fait un présent
Si joli-joli
M'a fait un présent
Si joli-e-ment.
Tenez, tenez, belle,
Vous voici des gants ^ '
Vous voici des gants
Si joli-j"li
Vous voici des gants
Si joli-e-ment,
Vous ne les mettrez Qu'un', deux, trois fois l'an Qu'un', deux, trois fois l'an
Si joli-joli
Qu'un, deux, trois fois l'an
Si joli-e-ment.
[bis
(bis)
La première à Pâques, L'autre à la St Jean,
L'autre à la St-Jean
Si joli-joli
L'autre à la St-Jean
Si joli-e-ment.
Et l'autre à vos noces
La bell', quand ell's s'f'ront
La bell', quand ell's s'front
Si joli-joli
La bell', quand ell's s'front
Si joli-e-ment.
(bis)
Les vot's et les miennes Se front en mém' temps
Se front en mém' tempe
Si joli-joli
Se front en mêm' temps
Si joli-e-ment.
bis)
Lli MMT Dl
EST SITL'É PRÈS DE
L'ELYSÉE MONTMARTRE
«-•• plus chouette bal de l'arl