JEANNE
a HENRI LETOURNEVR.
La jupe de Jeanne est en simple serge, Mais à la moisson Jeanne aura seize ans; Ses yeux bleus naïfs sont des vers luisants Et ses cheveux blonds, des fils de la vierge.
Jeanne va pieds nus le long du chemin : Parmi ses cheveux un rayon se joue Et le grand air libre, en baisant sa joue, Sur le hàle d'or a mis du carmin.
Un rameau fleuri d'aubépine blanche, Si blanc que la neige l'aurait sali, A dit: « Cueille-moi? »... Jeanne l'a cueilli, Et dans ses cheveux elle a mis la branche.
Mille papillons aux mille couleurs La suivent partout, sans aucun bruit d'aile. En croisant leur vol d'iris autour d'elle, Tant son front de vierge embellit les fleurs.
Et, bien qu'elle n'ait qu'un jupon de serge, Plus d'un gars, à voir ses yeux bleus luisants, Se prend à songer que Jeanne a seize ans, Tant ces douces fleurs font belle la Vierge. George HERBERT.
Mm
à Albert LAVRY
Poarquoy en certaine saison il y a du giôre en les ôitraax des t'enestres.
Il y avoit en la rue du Dyable une ieune, gente et honneste brodeuse qui en estoit venue au darrenier poinct de paouvreté pour ce que le dessin de ses broderies estoit passé de mode et ne s'acheptoit plus.
Elle n'avilit plus ne père, ne mère lesquels estoient partie pour l'aultre munde luy lairrant pour toute héritance son aiguille à broder et sa virginité et plus oultre ils luy avoient apprins que rien n'est plus bel que une honneste fille, ains que un pucelaige une fois envollé ne soy retreuve plus.
Or iuste devant la sienne feneslre il y en avoit une aultre laquelle estoit celle d'ung vieulx paillard qui maincte fois avoit proupousé à la ieune brodeuse chouses déshonnestes en faisant tintinnabuler à son aureille beaux écus d'or bien luysans.
La paouvrette plus tost que de luy complaire avoit mieulx aymé garder sa fleur et vendre tout ce que elle possédoit en la sienne chambrette .
Adoncqucs ce iour là il ne luy restoit plus rien que son lict, sa robbe, les rideaulx de sa fenestre et une grand' faim pour ce que depuis la veille elle n'avoit mangié. Il luy falloit donc vendre ses i ideaulx car elle ne se pouvoit passer comme bien vous pensez ne de lict ne de cotillon. Ains elle n'osoit car le vieil paillard la guettoit saus cesse et que les rideaulx enlevés il l'auroit vue à son lever et à son couchié.
La faim luy mordist le ventre et la décida, mais elle se iura bien qu'elle se lèverait avant le iour et se coucheroit seurement à la nuict tombée.
Or donc elle se couchia bien avant dans le soir, après avoir prié pieulsement la bonne Vierge de faire que elle se lève avant l'aube. — Las ! quand la paouvrette soy resveiglia il foisoit grand iour
Ains sus les vitraux de la fenestre il y avoit blanches et mirrifiques arabesques faisant plus beaux et estomirans rideaulx que onequesne vistes. C'estoit ce que on vocita depuis le givre.
La Vierge se pourmenant dans la nuict avoil entendu la prière de la brodeuse et incontinent elle avoit touché les vitraulx d'un pan de sa blanche robbe ce qui fist que la ieune pucelle eust sa pudeur engardée, mesme temps qu'elle treuva de nouveaux dessins pour ses broderies
Et c'est depuis ce temps que à l'époque de l'hyver il y a du givre en les vitraulx des fenestres.
HORTUS
FANTAISI ES
a HORTUS.
!*«oiilmiil
Ah ça, pleut-i'pas ou c'qui pleut?...
Sûr i' pleut!... j' parie un' chopine.
F fait si tell'ment noir qu'on peut Pas seul'ment voir si y lansquine
Cré nom de Dieu I c'est épatant ~J Pleut-i ?... Pleut-i' pas?... c'est un combe
(il tend la main)
Je n'sens rien de rien et pourtant Nom de Dieu j'entends ben qu' ça tombe.
Sûr i' pleut.... Mêm' que ça coul' dru.
Ça dégringol' par la gargouille.
Jusqu'à présent j'ai toujours cru Qu' quand i' tomb' de l'eau ça vous mouille....
Et j' suis pas mouillé... j' suis soûlaud. Tiens ! Qu'est-c' que j' senslà l'iongd'ma cuisse. Ah ben !... c'est moi qui lâch' de l'eau.... Alors i' pleut pas I... c'est que j'pisse I
Aristide BRUANT.
LE MISLITON
< "Vieilles Chansons
iis-tu faire à la fontaine, Corbleu, Mai, Q l'ail lis- 1 ii faire à la fontaine :'
['étais allée quérir de l'eau,
Mon Dieu, mon ami.
[ 'étais allée quérir de l'eau.
Qui est-ce donc qui te causait.
Corbleu, Marion !
Qui est-ce donc qui te causai!
la voisine d'à i Mon Dieu, mon ami oisine d'à i
emm's ne portent pas d' cul"' bleu, Marion !
I nm's i portent pas d' culotl
jupe entortillée
.Mon Dieu, mon ami.
C'était sa jupe entortillée !
mm's ne portent p.
bleu, Marion !
mm, s ne portent pas d'épée 1
it sa quenouill' qui pendait.
M"n Dieu, mi n ami.
C'était sa quenouill' qui pendait !
Les femm's ne partent pas d' moustaches. Corbleu. Marion !
femm's ne portent pas d^moustaches,
— C'était des mures qu'eli' mangeait,
Mon Dieu, mon ami.
C'était des mures qu'eli' mangeait,
— Le mois de mai n'a pas de mures,
Corbleu, Marion !
Le mois de mai n'a pas de mures...
— C'était une branche d'automne.
Mon Dieu, mon ami, tait une branche d'automne.
— Va m'en cueillir une assiettée.
Corbleu. Manon !
Va m'en cueillir une assiet:
— Les p'tits oiseaux ont tout mangé.
Mon Dieu, mon ami.
Les p'tits oiseaux ont tout mangé.
— Alors je vas t' couper la tel
Corbleu, Marion .' Alors je vas t' couper la tète !
— Ht puis que ferez-vousdu r
Mon Dieu, mon ami, là puis que ferez-vous du reste ?
— Les chiens, les chats en feront fête,
Corbleu, Marion, Les chiens, les chats en feront fête.
Los Refrains du MIRLETO
Par Aristide BRUANT
1. .1 Batignolles. —2. .1 La Villette. — 3. .1 Montparnasse. — 1. Vlà V choléra qu'arrive. — 5. Alléluia. — b'. L.i Xuire. — 7. Serre\ vos rangs. — 8. Le Trompette. — 9. A Grenelle — 10. .1 Montrouge. — //. Belleville-Mènilmontant. — l~..l /../ Bastille. : 13. .1 l..i Glacière. — 14. L.i Ronde des Marmites. — 15. /..' Marche des Dos.
[ue numér i 50 centimes franco contre mandat ou timb
Au cabaret du MIRLITON, 84, boulevard R 01 hechouart, Paris- Montmartre.
LE CABARET Dl MIRLITON
EST SlTtt: PRÈS DE
L'ELYSÉE MONTMARTRE
l.i plus chouette liai de Parti