‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 4 sur 243 · ORAISON FUNÈBRE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE

Paroles et musique d'Aristide BRUANT

La musique se trouve au Cabaret du Mirliton, 84, boulevard Rochechouart , Pour li recevoir franco, envoyer 50 centimes en timbres-poste.

l'.iri-

Sa maman s'appelait Flora.

A connaissait p. 1 SOT) papa.

Tout' jeune on la mit à l'école À Balignolles.

A poussa comme un champignon, Malgré qu'aile ait r'çu plus d'un gnon, L'soir, en faisant la cabriole A Batignolles.

Aile avait fies manièr's très bien.

Aile était coiffée à la chien

A chantait comme cun' petit' folle

A Batignolles.

Quand a s'batladait sousl'ciel bleu.

Avec ses ch'veux couleur de feu, On croyait voir eune auréole A Batignolles.

Aile avait encor' tout's ses dents.

S. m p'tit nez, ous qu'y pleuvait d'dans, Etait rond comme cun' croquignolle, A Batignolles.

A buvait pas trop, mais assez, Et quanta vous soufflait dans l'ncz On croyait r'nifler du pétrole A Batisrnolles.

Ses appas étaient pas bien gros.

Mais je m'disais : Quand on est dos. On peut nager avec eun' sole A Batignolles.

A gagnait pas beaucoup d'argent, Maisj'étais pas bien exigeant!...

On vend d' l'amour pour eune obole A Batignolles.

Je l'ai aimée autant qu'j'ai pu, "Mais j'ai plus pu lorsque j'ai su Qu'a m'trompait avec Anatole A Batignolles.

Ça d'vait arriver, tôt ou lard, Car Anatol' c'est un mouchard...

La marmite aim' ben la cass'role A Batignolles.

Alors a m'a donné congé.

Mais le lion Dieu m'a bien vengé :

A vient d'mourir de la variole A Batignolles.

La moral' de c't'oraison la.

C'est qu' les p'tit's till's qu'a pas d'papa 1 )oiv'nt jamais aller à l'école A Batignolles.

CONTES SECS

Nous étions depuis trois ans camarades d'étude et voisins de dortoir dans un lycée de Paris.

Il était d'un an plus âgé que moi, brun,

grand, solide, énergique, alors que je demeurais

un doux imberbe, "faible et puéril. 11 me mai-

.,,, ail u\w affection très vive —je me plaisais

en i • impagnie.

Aux vacances de Pâques, ma famille permit qUe j'all passer cinq jours avec lui. chez

ses parents, dans leur villa de Maisons-Laffitte.

S,,n p :.. attaché a une administration nationale, faisait nue tournée d'inspection dans le midi de la France.

rrère nous rei ut, grande Femme de trentehuit ans, excitante, gardant un regard noir brillant, un beau sourire encourageant et d'ad-

I, premier soir, elle me lit chanter des romances, m'accompagnant au piano.

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