‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 5 sur 243 · I : lendemain, nous finies tous trois prome · texte numérisé non relu

I : lendemain, nous finies tous trois prome

,, bateau, et, tan >n fils ramait,

1 il prenait plaisir à causer avec moi, très inti-

■ , 1 . , ni .1 i' nu lei négligeamrnent mes cheveux

il ma main tremblante entn

mains.

..n pied pressa le mien.

Api 1 e lui elle qui chanta des rbmai

riant elle-même et me fixant ardemment. Vers le milieu de la nuit, elle vint me trouver dans ma chambre.

Le lendemain, je vis mon camarade soupçonneux ; il me parlait a peine et observait beaucoup sa mère. Quand elle se retira dans sa chambre, je l'y rejoi.

Nou is une répétition de notre nuit

amoureuse, lorsqu'un coup de poing enfonça la porte. Mon camarade apparut, d'une pou il m'écarta et me colla au mur; puis, allant droit a sa mère demi-nue, il la souffleta deux fois du

,e main.

Germain SENSAY.

M. 1 . Carri ■ . l'incomparable pianiste que l'on peut entendre tous les s,,ir., au Cabaret du MlRUTON, vient de terminer la musique de I..i Rue Palestro, la dernière chansonnette de MM. A. Bruant et J. Jouy.

LIS CABARET DU HlitLIH

s , SITUÉ PRÈS DE

L'ELYSÉE MONTMARTRE

L,e plu» chouette i>ul de É*»pl«

Le 1: rnnt : A. I'iuant.

a l.aian Cli. Uumont. directeur.

Première Année. — N° 2.

Prix : 10 centimes.

Bureaux : Boulevard Rocheehouart, 84. au cabaret du « Mirliton »

Rédacteur en chef:

Camille de Sainte-Choix

Directeur :

ARISTIDE BRUANT

Abonnement* :

Paris, 7 fb.— Départements, 8 fr.

IPIvls d' marmite, plias ci' bouillon !

Dessin de Jean Caillou.

|« Chronique bu

ittirl

Rapport à des mots vifs que j'ai eus avec la probloque à Beau-Blond au sujet d'not' fade qu'enflait trop, j'ai pas pu t'faire ma visite, Bruant. J'étais meule. M'a fallu turbiner pour trouver à m'pagnoter. J'aurais bien été à la Maubc,*chez La Colle, une panuche à moi, mais j'ai su qu'a s'était faite bourrique et j'tortor' pas d'ça ! J'aim'rais mieux bâcher tout nu suTcrottard des Italos et boulotter des gousses d'ehat que d'toucher à c'qui touch' les fliques.

Dans c'qu'on est, on sait c'qu'on s'doit! *

1 (es fois, j'suis triste et j'songe. A c't'heure, par exempe... et j'me chante : « L'aflf est un' foutaise... y a pus d'amour... soupe du trui et l'reste.

L'fait, c'est quTexistenc' m'est pas gironde! J'marque trente berges... en via vingt que j'deglingue ma rouillarde d'bistro en bistro, du soir à l'aurore et d'I'aurore au soir... Quand j 'pense à ces pantros qu'ont une femme à eux seuls et des lardons à eux seuls, qui massent tout l'jour durant pour ram'ner du fringue à tout leur monde et qui, l'soir, pioncent tranquillement dans une piaule à eux, ben chaude, blair à blair, avec leur bonne petite gerce, bercés par le ronflement des momignards... ah ! tiens !.. j'ai mon scion grand ouvert dans mon fouitenard... j'voudrais l'sortir !..

Ceux qu'j'ai été à l'école avec, y sont presque tous fades comme ça!.. Toi, tu chantes, c'est un bon commerce ! Y en a qui sont dans des fabriques, d'aut's dans des adménéstrations... y en a qui charibotent dans les jornaux, qu'ont des situations politiques... Moi, j'eram's'rai sans en avoir foutu pour un péjot.

C'pendant, des fois, j'me r'monte le moral en allant écouter dans les réunions publiques eu y a rien qu' des bons qu'en jaspinent que d'vraies.

L'aut' marqué, j'en ai entendu un qui m'a fait réfléchir.

(,'ui-la, c'est un sondeur et un chouette ! Il a trouvé le mot du sièque « La Travaillomanie». t 'esl p't'êt' un peu long, p't'ét' un peu savant; mais ça dit c'que ça veut dire.

Paris est plein d'tia\ aillomancs... on n'voit qu' de çal... et des gens, j'm'entends, qui turbinent pas pb"ur faire quéqu'chose... non!.. poui travailler... tout simplement... pour leur plaisir qui est d'ét' comm' ça... une manie, quoi ?

A part ceux qui cuisent le fringue, ceux qui détaillent la barbanne, -à part le tailleur et

l'gniaf et l'bistro, à part deux" ou trois aut's trucs, j'te demande un peu c'qu'y a à foutre à Paris ?

Pourvu qu'on ait du frichti deux fois l'jour, un' rouillarde su' l'torse, un bon grimpant ['long des gambettes, sa paire de croenos et sa desfous rapport à éviter l'rhume... et puis, l'soir, un tas d'eopeaux à la mode biffins pour pagnoter, quoiqu'y faut d'plus, au Parigo ?

Tu m'diras, toi, Bruant, que l'parigo est un gonsier civilisé qu'en tient pas rien qu'pour la matérielle, qu'il a des besoins en dehors du frio et d'ia faim, comme qui dirait un béguin pour le superflu... qu'par conséquent y faut du luxe et d'I'amour ?

Ben ! si tu m'dis ça, à moi, ça s'ra pas fort ! J'te répondrai qu'pour l'amour, ça s'fait naturellement, à la rencontre, sans charibotage... qu'on trouv' toujours, qu'y a qu'à vouloir et qu'ceux-la qui compliquent, c'est des tourtes!

Au temps où j'avais des sentiments, ça 5'passait comm'ça : J'allais gambiller dans les guinches, et quand j'allumais un' gerce qui me r'venait, j'approchais avec de grosses miçettes : — <i Tu paies rien ? — Si, » qu'a disait, intimidée. On allait chez l'bistro. Sitôt les glacis nettoyés et l'gnia-- 'y disais: «Ben,

ma chatte, j'ai bu d't'on pétrole, à c't'heur" tu vas manger d'mon cochon ! »

tait toujours contente, va!

Pour le luxe, faut pas m'en conter. J'en ai eu à mes moments, et j'm'ai prom'né avec des i.os pointus, des bridaukils su' l'estomac, des p'tits chapeaux mignons, des liquettes de bâtisse avec des parfums d'dans et d'I'oseille plein i 'murlingue... Jamais je m'ai vu si tourte, ni tant embêté.

G-'est pourtant à ça qu'on travaille à Paris,

et tous ce honnêtes, c'est ça qui

ecupe : bijoux en faux et en doublé, papiers

peints,, celluloïd et carton-pàte, v'ia l'travail

de Paris... Malheur !..

Avec une boule de son poissée dans la hotte d'une porteuse, avec-un' douzaine de chipolatas décrochées d'ia d'vanture d'un charcuto, j'déjeunc. J'me rince la'gar'goine avec un glacis vidé a la ni vu ni connu quand l'bistro montre .son pétard. Quant à la p'iure, est-c'qu'y a pas su" les bancs un tas d'saôulots qui pioncent et qu'ont des effets de trop? Kn barbottant l'grimpant à l'un, l'alpague à l'autre, un cabosson à çui-ci, des ripatons a çui-la, une liquette à un étalage, un blavin dans une profonde, on peut s'arranger un p'tit complet sans ruiner personne ! Ben, tu ,-ais. j'suis content comm'ça. et alors travailler, faut pas m'en parler !

tjon, que j'te dis! puiqu'y a des gonsiers de bonne volonté pour parer au boulottage et à la pelure des aut's citoyens, c'est \r.ii pas la penie

de s'démancher et faire des métingues pour réclamer du turbin.

J'vois d'ici l'pantro qu'écarquille.scs châsses et qui dit : « Mais c'pendant !.. »

C'pendant quoi?... Faut ben fout' quéqu' chose? C'est ça qu'tu veux conter?

Ben, et la loupe?., c'est donc rien, ça, eh. in'lon ? — et r'garder couler la Seine sous l'pont, et s'coucher dans les fortifications en pleine bonne herbe en mirant l'étoile de midi... et rigoler d'voir les passants... et faire des maquilles aux cabots errants... et jaspiner quat' plombes durant, à deux, vaches su'l'crottard... c'est pas ça qu'est bon, dans la vie ?

Chamelle 903.

FANTAISIES

LISS VISAIS I*OS

Ça s'appell' des gens' à son aise, Mais c'est pas eux qu'est les malins ; Si c'est toujour'eux qu'a la braise C'est toujour' eux qui s'ra les daims.

J' sont frusques avec des p'iures Qu'on leur y fait exprés pour eux, L'hiver i's sicoll'nt dans des fourrures.. Daniel y a pas qu' nous qu'est des frileux.

Quand ça jou' qu' ça gagne ou qu' ça perde Ça s'en fout... et ça fait un foin 1... Leux gonzess's aussi fait sa merde, Ah ! si j'en t'nais eun' dans un coin !...

Ma gosse, à moi, c'est eun' gironde Mais a cran' pas comm' ces femm's-là, D'ailleurs faut qu'a parle à tout 1' monde Puisque c'est I' métier qui veut ça.

Quand on n'est pas braiseux d' naissance, Pour vivr' faut ben truquer un peu.

Ces gonc's là, c'en a t'i' d' la chance, Ça mange et ça boit quand ça veut.

Et pis ça nous appell' les Dos — Ah I nom de Dieu ! j' suis pas bégueule ! Mais si n'yavait pas tant d' setgots Mine' que j' leur z'y cass'rais la gueule !

Aristide BRUANT.

Page 1