ARISTIDE BRI \M
ijie-us douta
Corptpept les pâbitapts de Ericiille ep Tpeleipexip trappèrent ce.iK de St-Parpppîlé en Paptaléop.
i ce temps là les habitans masle= et femelles de Ericville en Thelemexin estoient fort en pc-ine pour ce qu'ils n'avoient poinct ung seul sol vaillant dont ils eussent pu faire bastir clocher clochans pour les cloches de leur église y clocher. — Et ce qui plus les faisoit dépérir de mal raige et ialousie verde estoit que leurs voisins les St-Pamphilois du païs de Panlaléon avoient le plus beau clocher avec us | lus mirrifiques que oneques ne vistes Un beau iour les Ericvillois soy réunisrent en secret conciliabule et lors après ou les vist ioyeulxet gais se pourmener parles commit, s et quadrivies de leur tant bon bourg.
C'estoit le temps où il est surtout besoing à la terre, de soleil pour meurir les moissons, lesquelles privées des rays du Grand Luysant soy flétrissent et sont tost deff aictes et perdues on cause de heumidité; — et c'estoit le temps aulsi où en Pantaléon de soubdains brouillards cachoient le ciel pendant des sebmaines entié- Adoncques vecy que au concilié du soleil les Pamphiliens visren' passer à travers la grand route île leur villi Ericvillois por-
tans attachée a de longues gaules une énorme et horrificque caîge d'osier recouverte d'une toile.
— Hé là ! hé là ! nos voisins où donc allez vous en ceste équipage de perches et de caîj fisrent les St-Pamphiliens estnnnés.
— Hé là ! hé là ! ns nous allons prendre en caîge le soleil à son couchié, la baau fond du liois
— Ah! Eh! Hou! Oh! repnndrent h Pamphiliens, ça veiez les fous qui cuydent mettre le soleil en càigel Ah! Ah!
Sans plus répondre s'en fusrent les Ericvillois dans le bois prouchain et n'en îevindrcnt
I t MIRLITON
que à la nuiet tombée portans eu grand'pompe la caige tout entourée de cordes.
— On veoit ung petit de leumiére en dessous de la toile a dist depuis ung St-Paniphilien.
Et advançoientles Ericvilloisdisans et cryans comme dyables : «Ça! ça! nous l'avons 1 nous l'avons ! ».
Et rioient les bons St-Pamphiliens comme bien vous pensez. Ains l'endemain ce fust une aultre affaire pour ce que le ciel démolira gris et vuyde de soleil : et ce ainsy continua si bien que après trois iours les gens de St-Pamphile envoyèrent à Ericville une députation pour remonstrer à leurs voisins combien iniuste il estoit à eux d'enguarder ainsy le soleil en caige.
— Jàl Jà! fisrent ceulx de Ericville, donneznous assez de livres tournois et de sols parisis pour nous faire bastir un clocher plus hault que le vostre de cinq couldées et nous vous rendrons le soleil.
Or, les St-Pamphiliens attendirent encore un iour et comme le soleil ne reparoissoit poinct ils revindrent apportans beaux doublons, beaux carolus d'or et belles livres.
Lors ceux de Ericville, tenans l'argent, les menèrent en la grange ou estoit la caige, laquelle ayant été découverte les gens de St-Pamphile pusrent veoir en le mitan une lanterne éteinte qui soy balançoit dolcement.
Quinaulds fusrent-ils et bien quinaulds et c'est depuis ce temps que on dist en Thelemexin, signifiant un object qui ne couste rien: « Cène me couste plus cher que le clocher de Ericville» .
HORTUS
LE VA1 NCU
Sur mon bi as fier, qu'elle a dompté, J'ai couché sa tête charmante, ht j'ai de mes lèvres goûté
Ses lèvres qui fleuraient Ici menthe.
J'ai vers ma caresse attiré Sou jeune cou de tourterelle lit mon cœur altier s'est serré, Connue ému de sa beauté frêle.
J'ai, dans ses purs regards, posé
Les miens, chauds de fougues puissantes.
lit tout mon désir s'est brisé
A leurs chastetés innocentes.
J'ai voulu souffler la noirceur Eu son dme, mais ma traîtrise S'est éteinte sous sa douceur Triste un peu, de rose incomprise .
J'ai, de ma main tremblante, enclos Ses cheveux, mer vaste et dormante.
Et gagné, vaincu, les yeux clos.
J'ai baisé sa tête charmante.
Georges COURTELINE.
HBUANT MALADE
La semaine dernière , Aristide Bruant a attrapé mal à la gorge pour avoir chanté un peu trop la Commune, les Grandes Manœuvres, les familles qu'a pas de chance et la Bière de sapin ; en sorte qu'il a été contraint de garder la chambre, ce qui était un sale coup pour la clientèle du Mirli.
Alors, il a fait venir près de son lit de douleur un habitué du cabaret et il lui a tenu ce discours laconique :
— Dis donc, puisque je ne peux pas me lever, tu serais bien gentil, pendant deux ou trois jours, de venir gueuler le soir, chez moi, pour l'histoire de distraire nn peu la clientèle. A mon tour, QUAND TU SERAS MALADE, JETE PROMETS D'ALLER GUEULER CHEZ TOI TOUTE LA JOURNÉE.
L'habitué n'a pas accepté.
BONNES VIEILLES BLAGUES
Le ménage Brossarbourg qui a invité àdiner le généra) Trois-Etoiles — général de divi< par conséquent — a fait les plus chaudes recommandations au jeune Patrice Brossarbourg, âgé de cinq ans, pour que ce jeune produit ne fasse aucune observation sur le physique du général qui a eu le nez enlevé d'un coup de sabre dans les dernières affaires du Tonkin.
Patrice Brossarbourg se l'est tenu pour dit, et, il s'est montré, pendant tout le repas, d'une sagesse et d'une réserve au-dessus de tout éloge.
Il est regrettable, toutefois, qu'entre la poire et le fromage, il ait cru devoir rompre le silence, pour risquer cette appréciation, d'ailleurs excessivement juste :
— Mais maman, je ne peux pas parler de son nez, au général, puisqu'il n'en a pas !
Notre ami Jules C..., l'intrépide poivrot, n'ayant plus sur lui que la somme d'un sou, a résolu de se payer pour cinq centimes de télescope. Il se rend donc.surla place Vendôme, se colle l'œil à l'appareil, et dévisage successivement chacun des astres, satellites et autres, qui constellent la voûte céleste.
Agacé, l'astronome lui fait cette remarque qu'il a assez vu comme ça, qu'il a consommé pour plus de trois francs de planettes, et qu'il n'y a plus rien à regarder.
— Je veux voir la comète, dit Jules C...
— La comète ! exclame le bonhomme, mais il y a au moins quinze jours qu'elle est partie.
Alors, notre ami, tranquillement :
— Oh bien, en ce cas, raison de plus I Si il y a déjà quinze jours qu'elle est partie, elle ne peut pas tarder à revenir : je vais l'attendre.
VIEILLES CHANSONS